Comment trouver dans la richesse un élément de bonheur
En usant des biens de ce monde dans un esprit chrétien de sagesse et de surnaturel qui fait que, sans s’y attacher avec exagération, l’on y trouve un moyen honorable de tenir son rang et de faire face aux exigences de sa situation.
Étant l’objet des attentions de la Providence, on en prend occasion d’exprimer sa reconnaissance à l’auteur de tout don qui, par la délivrance des soucis terrestres, laisse ainsi plus de temps pour vaquer aux exercices de la vie spirituelle.
Se souvenant que les biens de la fortune sont des talents qu’il faut faire fructifier, on en dispense avec esprit de foi et on en confie en partie le dépôt dans les bonnes œuvres et dans le sein des pauvres.
Les riches, à un degré quelconque, qui agissent de la sorte, trouvent dans leur richesse même, comme d’autres dans leur pauvreté, l’occasion d’une véritable jouissance et le moyen de faire des heureux. Ce n’est que dans cet esprit que l’on doit recevoir la richesse et en disposer.
Si sur cette terre il n’y avait du bonheur que pour deux, je m’en priverais pour vous le laisser tout entier,
Jésus, le Bon-Pasleur,
espérance et consolation
de tous ceux qui souffrent
Ii’utiiversel cantique des pleurs
De chaque pays, de tous les continents, s’élève la même exclamation de souffrance, le même et lamentable concert des voix humaines : elles chantent, en sanglotant, le psaume de la douleur.
Dans cet hymne poignant qui se répète sur toutes les lèvres depuis l’Eden et ne finira qu’avec le monde, quel mortel n’a donné sa note lugubre et n’a fait sa partie ? Il n’est pas un homme, après Adam chassé du paradis de délices, qui ait pu s’en abstenir. Pas un homme, pas même Jésus, le Fils des éternelles complaisances, la joie et la béatitude du ciel, le maître de la santé et de la maladie, le roi de la vie et de la mort ! Et si Jésus Lui-même a pleuré — et quelles larmes ! — qui donc peut se flatter de n’avoir jamais pleuré ?
Dans la paix du sanctuaire, je me suis agenouillé tout près du silencieux Tabernacle, et, pendant que j’épanchais le trop-plein d’une âme en deuil à l’oreille de Celui qui a promis de béatifier les larmes, j’entendis une voix navrée qui s’échappait comme un sanglot, des profondeurs de l’Hostie, et qui disait : « J’ai cherché tout le jour quelqu’un pour me consoler, et je ne l’ai pas trouvé (Ps. lxviii, 21). J’ai une soif ardente d’être aimé des hommes dans le Très Saint Sacrement, et je ne trouve presque personne qui veuille me désaltérer. Et voilà pourquoi mon divin Cœur n’en pouvant plus... »
Citoyen de la vallée des larmes , Jésus-Eucharistie, Jésus Victime universelle, reste bien, de tous les mortels, le plus douloureusement accablé.
De ses yeux extasiés le Voyant de Pathmos a contemplé le ciel ouvert et ses oreilles ravies ont entendu les harmonies parfaites. Les anges disaient aux anges : « Ceux-là qui sont vêtus de blanc d’où viennent-ils ? — Ils viennent de la grande tribulation, et ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. Pour eux, plus de mort, plus de deuil, plus de cris de souffrance, plus de douleur, car Dieu lui-même essuie de ses divines mains les larmes de leurs yeux. Et ils
REVUE DE LA SAINTE-FACE
chantent un cantique nouveau en disant : Seigneur, vous êtes digne de tout honneur, de toute bénédiction, de toute gloire, parce que vous nous avez rachetés dans votre sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation. Et vous nous avez faits les rois de votre éternel empire et les prêtres de votre sacrifice glorieux... » ( Apoc ., v, vu, xxi).
Sur les lèvres des Bienheureux le psaume de la douleur est devenu l’hymne de la jubilation sans fin. Sine fine dicentes : Amen ! Alléluia ! Hosannah ! Dans les siècles des siècles.
Un noble jeune homme qui ne rougit pas de sa foi
Au conseil de révision, un quart d’heure avant le commencement des opérations, vingt-quatre jeunes gens se trouvaient réunis dans la salle de la justice de paix. A la muraille, au-dessus du siège du juge, pendait un crucifix.
— Voilà bien un bon Dieu, s’écria tout à coup l’un d’entre eux, mais aujourd’hui qui donc fait cas de Dieu !
— Qui donc fait cas de Dieu? répondit à l’instant une autre voix, qui donc ! Mais moi tout le premier. Et voulez-vous, jeune homme, qu’on vous le prouve ?
A ces mots, d’un geste qui ne manquait pas de crânerie, le courageux interlocuteur retira de sa poitrine une croix qu’il porta à ses lèvres.
Dans la salle entière courut un murmure, approbateur, et quelques bravos se firent entendre. Vous pensez bien que je ne fus pas le dernier à applaudir, et, tout ému, j’allai serrer la main au généreux chrétien qui n’avait pas rougi de sa foi. Il fut presque étonné de se voir félicité pour un acte qu’il trouvait tout naturel. Un moment après, — et c’est le digne couronnement de l’histoire, — ce même jeune homme, sans forfanterie comme sans fausse honte, paraissait dans la salle du conseil, c’est-à-dire devant le personnel civil et militaire et les 21 maires du canton, ses scapulaires sur la poitrine, et s’entendait proclamer : « Bon pour le service ». Oh ! si beaucoup de soldats étaient de cette trempe !