POSITION DE LA QUESTION
Jadis
Depuis plusieurs siècles, le Saint-Suaire conservé à Turin était l’objet de la vénération des fidèles auxquels il fut montré tous les 30 ans environ, au siècle dernier.
Il y a 40 ans
En 1898, pour la première fois, la relique fut photographiée et révéla que, véritable plaque sensible, le Saint-Linceul avait enregistré en négatif le corps du Christ au sépulcre.
L’événement fit sensation ; articles de journaux, de revues, publications diverses se multipliaient. Deux camps se formèrent.
Certains accusaient à tort l’opérateur, le Chev. Pia, d’avoir truqué son cliché et se faisaient forts de produire les aveux d’un peintre qui, vers 1355, aurait fabriqué le Suaire 5 aveux qu’ils n’ont jamais produit depuis. — Ce « clan » compta surtout des historiens ayant à leur tête le chanoine Ulysse Chevalier.
L’autre camp, à la tète duquel l'on remarquait Xoguier de Malijav, Arthur Loth, Paul Vignon, René Colson, recherchait si le fait pouvait s’expliquer scientifiquement et proposa des solutions. Yves Delage fit en 1902, au nom de M. Paul Vignon, son préparateur à la Sorbonne, une importante communication à l’Académie des Sciences.
Maintenant
Au cours de l’ostension de 1931 le Chev. Enrie fut chargé officiellement de prendre de nouvelles photographies. Ses clichés, d’une grande perfection technique, tout en périmant ceux de 1898, prouvèrent leur sincérité et l’absence de trucage ou de négativation dont les accusaient les adversaires de la relique.
D’autre part, le tissu examiné minutieusement par des spécialistes 11e décelait l’emploi ni du pinceau, ni du crayon, ni de l’estompe, ni aucune intervention humaine picturale ou autre.
Le fait
Dominant les discussions et les camps, les documents d’archives et les hypothèses scientifiques, il y a un fait :
C’est le Saint-Suaire qui, portant en lui-même les preuves de son authenticité, ne pourrait voir celle-ci contestée que par ceux qui s’obsti-
REVUE DE LA SAINTE-FACE
lieraient à ne vouloir porter un jugement qu’à travers des textes ou des hypothèses au lieu d’examiner le document même.
Le fait tangible s’impose dominant les polémiques. Le Saint-Suaire n’est pas une abstraction ou un fait historique difficilement contrôlable. Grâce à la série de photos prises en 1931 par le Chev. Enrie les moindres détails peuvent être étudiés à loisir.
Seul l’examen direct, puisque nous avons le bonheur déposséder encore ce document unique, permet d’apporter un verdict définitif. — Or j’ose affirmer, ne craignant pas de démenti que, sans aucune exception, tous les hommes qualifiés (et ils sont nombreux) ayant étudié scientifiquement le linceul de Turin ont conclu à son authenticité.