‹ La Voix du Bon-PasteurChapitre 78 sur 88 · PLUS DE SOUCIS · texte numérisé non relu

PLUS DE SOUCIS

Je n’en puis plus ! mon fardeau m’écrase ! — Que portez-vous donc de si lourd? — Des soucis, des inquiétudes. — Pourquoi des inquiétudes? — Eh! l’avenir, pardi ! Vous n’y pensez pas : que me réserve l’avenir? — Vous n’avez aucune ressource? — J’ai bien ce qu’il faut pour vivre quelques mois..,, peutêlre un an, mais après? — Après ? Est-ce que Jésus nous a enseigné à demander le pain d’une année, ou notre pain quotidien? N’a-t-il pas dit : « A chaque jour suffit sa peiné » ? Laissez-moi vous débarrasser de ce qui vous écrase et vous rend malheureux. Voici de la confiance en Jésus pour remplir votre cœur. — Ali ! merci, vous me soulagez ! Que Dieu vous le rende ! — En route maintenant ! Et surtout, ne vous trompez pas de chemin ! Au ciel tout droit !

Jésus esl la révélation de la Divinité

ous sommes d’autant plus tenus de connaître Jésus, que c’est S par Lui que nous allons à son divin Père et que nous connaisilm sons la très sainte et très adorable Trinité.

Jésus est venu manifester aux hommes les grandeurs, les perfections infinies et l’éternelle charité de Dieu. Jusque-là l’humanité n’avait qu’une notion vague et incomplète de la Divinité ; elle n’en connaissait qu’imparfaitement les mystères, elle ne l’avait entrevue que de loin, elle n’eu avait point éprouvé tout l’amour et toute la bonté. Il lui avait manqué une bouche divine qui lui révélât à découvert les mystères cachés, un cœur tout de feu divin consumé qui palpitât dans la poitrine d’un Dieu, une personnification vivante de la Divinité qui fût une révélation constante des perfections divines et de l’éternelle Charité.

Jésus apparaît et les voiles tombent ; Jésus descend jusqu’à l’homme et II l’élève jusqu’à Dieu ; Jésus parle, ut la vérité se fait jour; Jésus aime, et II embrase les cœurs ; Jésus montre le ciel, et 11 nous fait entrevoir les splendeurs de la béatitude.

Jésus se couvre des dehors de notre humanité, mais II prouve qu’il est Dieu tout autant qu’il est homme. Il nous parle de son Père qui L’engendre de toute éternité et qui prend en son Fils ses divines complaisances. Il nous enseigne qu’il ne fait rien sans lui et qu’il est venu pour accomplir ses adorables volontés. Il nous apprend que sou bonheur est de révéler son divin Père et de lui gagner des âmes. Il aspire à les lui donner toutes ; mais II nous dit clairement que pour aller à son Père il faut passer par Lui, que personne ne connaît le Père si Lui, le Fils, ne le lui a révélé, ni le Fils si le Père ne le lui a appris.

Jésus nous parle encore du Saint-Esprit, qui procède du Père et du Fils, fruit divin et substantiel de leur mutuel amour, de sa mission qui viendra compléter la sienne, et de ses opérations divines dans les âmes.

Admirable enseignement qui nous ouvre des horizons immenses et sublimes sur les relations ineffables des trois Personnes divines.

Comment, dès lors, ne serait pas essentielle et indispensable la connaissance de Celui par qui seul nous pouvons acquérir la notion de semblables mystères ; surtout, lorsque nous savons que Dieu le Père ne L’a envoyé au monde que pour lui faire ces divines révélations.

Avant la venue de Jésus, l’humanité allait à Dieu par des connaissances vagues et générales ; devant la Majesté suprême, elle se tenait dans une attitude de respect qui s’alliait très bien avec son devoir d’adoration, mais qui ne répondait pas suffisamment à son besoin d’amour.

REVUE DE LA SAINTE-FACE

De son côté, Dieu, qui n’avait pourtant cessé de pardonner à son peuple sans cesse infidèle, après toutefois l’avoir souvent châtié, n’avait pas révélé son amour aux hommes dans toute son intensité.

Pour satisfaire ce double besoin d’amour de la part de Dieu et de ses créatures, il fallait attendre l’apparition de Jésus. Jésus vient et II concrète en Lui les notions anciennes sur la Divinité, en les complétant par des révélations nouvelles qui constitueront jusqu’à la fin des temps l’admirable doctrine d’une Religion parfaite. Maintenant que Jésus est venu et qu’il nous a enseignés, nous n’avons plus rien à attendre, nous possédons la Vérité intégrale et l’Amour incréé sous sa forme la plus palpable et la plus attrayante.

Mais puisque Jésus est le centre de tout, nous sommes obligés d’aller à Lui ; nous ne pouvons pas, comme dans l’Ancien Testament, nous contenter d’un culte imprécis de l’Eternel et faire du Jéhovah des Hébreux notre Dieu inaccessible; nous possédons Dieu avec nous, l’Emmanuel s’est fait notre compagnon d’exil, notre Maître et notre divin Modèle. C’est par Jésus que Dieu nous a parlé, c’est en Jésus qu’il s’est révélé, c’est par le Cœur de Jésus qu’il nous a aimés, c’est avec le sang de Jésus qu’il nous a sauvés. Pour avoir de Dieu une notion exacte et pour comprendre l’immensité de son amour, nous devons donc connaître Jésus et concentrer en Lui toutes les ardeurs de notre cœur.

Notre premier et doux devoir est de L’étudier avec un zèle constant et un enthousiasme tout divin. La seule pensée qu’en Le connaissant nous acquérons la science de tout ce qu’il nous est le plus important de savoir au ciel et sur la terre, doit nous exciter à poursuivre généreusement notre étude de Jésus et à nous passionner pour Celui que nous ne posséderons pleinement que quand nous Le connaîtrons parfaitement et L’aimerons sans mesure et sans fin.

«Si nous rjous étions trornpés! j>

Le célèbre docteur Guépin visitait un de ses meilleurs amis qui était à la veille de mourir. « Si j’étais à votre place, lui dit-il froidement, je me confesserais.

— Vous plaisantez, Guépin ! répondit le malade. Est-ce que nous n’avons pas dit souvent que toutes ces pratiques-là n’étaient que des bêtises?...

— Oui, mon cher, nous l’avons bien dit, mais nous ne l’avons pas prouvé. Et si, par hasard, nous nous étions trompés ! »

Après avoir réfléchi quelque temps, le malade, terrassé par cette franche et brusque déclaration de son ami, reprit la parole pour lui dire : « Vous avez raison, Guépin, nous l’avons dit, mais nous ne l’avons pas prouvé. Je ne veux pas m’exposer à un regret éternel, allez prier le curé de la paroisse de venir me voir. » Et un moment après il reçut les sacrements dans les dispositions les plus chrétiennes.

La fête de l’Exaltatiep de la Sainte-Croix

(14 (Septembre)

Cette fête paraît remonter à l’empereur Constantin, et au jour où la vraie Croix ; retrouvée par sainte Hélène, fut exposée à la vénération publique, dans l’église de la Sainte-Croix, à Jérusalem'. Elle rappelle aussi la cérémonie solennelle dans laquelle l’empereur Héraclius rapporta la vraie Croix à Jérusalem, d’où elle avait été emportée par Chosroës, roi de Perse. Siroës, son fils et successeur, vaincu par Héraclius, lui rendit la précieuse relique.

Extérieur de l’église Sainte-Croix de Jérusalem, à Rome

Ayons à cœur « d’exalter » spirituellement la Croix de Notre Seigneur, c’est-à-dire de l’honorer par la pratique généreuse des vertus qu’elle nous prêche : la mortification chrétienne et l’amour de Celui « qui nous a aimés le premier », aimés «jusqu’à la mort, et à la mort de la Croix ».

Nous rappelons aux dévots de la Sainte-Face du Saint-Suaire qu’une indulgence plénière est attachée, aux conditions ordinaires, à tous ceux qui méditeront sur la Passion devant cette Image, au jour de l’Exaltation de la Sainte-Croix, ou au jour de l’Octave de cette fête.

17 Septembre. — Les Sept Douleurs de la Bienheureuse Vierge Marie.

Ce mystère, honoré déjà par l’Eglise le vendredi après le dimanche de la Passion — et ainsi uni aux souffrances de Notre Seigneur — est encore honoré en ce jour, depuis le Pape Pie Vil, qui étendit à toute la chrétienté le privilège de cette fête accordée primitivement à la famille religieuse des « Servites de Marie ». — Profitons de cette faveur pour nous renouveler dans les sentiments d’une tendre dévotion et d’une confiance entière envers la «Mère des Douleurs» et la « Consolatrice des Affligés ».

Jésus, le Bon-Pasleur,

espérance et consolation

de tous ceux qui soufrent

lie divin Consolateur

Dieu «est si bon que meilleur ne se peut trouver», disait saint Louis à Joinville. Il est la bonté infinie, le bien par essence. Or, le propre du bien, c’est de se répandre. Sur qui se répandra-t-il sinon sur ses créatures, et surtout sur ses créatures en proie à la souffrance ? « Personne n’est père comme Dieu », dit saint Augustin. De le savoir, de le croire, n’est-ce pas déjà une consolation?

Depuis qu’il a péché, l’homme a peur de Dieu, il se défie de lui, il le fuit, il se cache. « Adam, où es-tu?)) (Gen., iii, 17). C’est Dieu qui vient au-devant du pécheur malheureux, c’est Dieu qui le cherche. Aux reproches hélas ! trop mérités, le Créateur mêle les plus magnifiques promesses : un Sauveur viendra.

Afin que l’homme chassé du paradis terrestre, accablé de misères, ne succombe pas sous le fardeau, Dieu lui promet la « Consolation d'Israël » (Luc, II, 25), et la récompense sans fin qui est lui-même (Gen., XV, 1.) C’est dans la Bible, qu’on lit ces ineffables assurances : « Moi , c'est moi qui vous consolerai » ( Is. , li, 12). Dieu ne se lasse pas de faire cette promesse et de renouveler cette assurance : « Je changerai leur tristesse en joie ; je les consolerai » (JÈR., XXXI, 13). « Quand même une mère en viendrait à délaisser son enjant , moi je ne vous oublierai jamais » (Is., XLIX, 15). — C’est un cœur plein d’une vraie tendresse maternelle qu’il a pour nous : « Comme une mère caresse son enjant, ainsi je vous consolerai » (Id., LXVI, 13).

« Dieu est amour», dit saint Jean (I, iv, 8), et « Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique» (Id., iii, 16). Alors, au milieu des affligés, « est apparue la bénignité et l'humanité du Sauveur notre Dieu » (Tit., iii, 4).

La première fois qu’il ouvrit ses lèvres divines dans la Synagogue

LA VOIX DU BON-PASTEUli

de Nazareth, Jésus lut à haute voix ce passage d’Isaïe : « L’esprit du Seigneur repose sur moi. Il m’a envoyé pour évangéliser les pauvres, pour guérir les cœurs meurtris, pour annoncer aux captifs leur délivrance, pour rendre aux aveugles la lumière». Et, regardant tout le peuple, Jésus ajouta : « Aujourd'hui même , ces paroles s'accomplissent sous vos yeux » (Luc, iv, 17-21).

Jésus se met à prêcher. Le peuple, les malheureux, les pauvres, les affligés accourent. C’est sa clientèle, dit Bossuet. Le cœur de Jésus parle par sa bouche : « Venez à moi, vous tous qui souffrez et qui ployez sous le jardeau, et moi je vous soulagerai » (Matth., xi, 28). Appel étonnant, promesse trompeuse, si Dieu lui-même ne se charge de les justifier. Jésus est Dieu et Jésus s’en charge. Voyez-Le à l’œuvre.

Le plus grand de nos malheurs et la vraie cause de tous nos maux, c’est le péché. Jésus est V Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Il Lui en coûtera la vie et tout le sang de ses veines. A-t-Il hésité le divin Crucifié? Les pauvres pécheurs, voyez comment Jésus les traite. En a-t-Il rebuté un seul ? Lévi, Zachée, Madeleine, femme adultère, bon larron, répondez. Et vous, mes frères, mes sœurs, qui avez eu le malheur de pécher et qui péchez encore, relisez les paraboles de l’enfant prodigue, de la drachme perdue, du bon pasteur; et avec moi, pleurez de reconnaissance et d’amour. 0 Jésus que Vous êtes bon ! C’est pour nous que Vous avez dit cette ineffable parole : « Je ne suis pas venu chercher les justes mais les pécheurs » (Matth., IX, 13).

Fille du péché, la maladie, sous mille formes diverses, torture, ravage, détruit toute vie humaine et la plonge dans la mort. Salaire du péché , la mort en est l’affreux et inéluctable châtiment.

Cependant, en face des malades, auprès de ceux qui pleurent des morts, le Cœur de Jésus se brise. Il hésite, Il se trouble, Il pleure Luimême. Les justes lois qu’il a posées, Il les suspend et le miracle jaillit à flots ininterrompus. « Allez dire que les aveugles voient, que les boiteux marchent, que les sourds entendent, que les lépreux sont purifiés, que les morts ressuscitent» (Luc, vu, 22). Tonte la vie publique du Sauveur, les Actes la résument ainsi : « Il a passé en faisant le bien, guérissant toute langueur » (Act., x, 38). Autant dire : Jésus a toujours consolé.

Ces miracles dont Jésus a marqué tous ses pas sur la terre sont des dérogations à des lois qui demeurent. Les souffrances de cette vie, la mort qui les suit, Jésus ne les enlève pas de ce monde. Hommes pé-

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cheurs, nous devons souffrir et expier ici-bas 5 mais Jésus métamorphose, transfigure nos douleurs, et, par un secret divin, Il en change l’amertume en une suavité merveilleuse. La religion qu’il a fondée et qu’on a justement définie « une grande aumône faite à une grande misère » reste admirablement et fécondement consolatrice.

Venez au Tabernacle, vous qui pleurez. Jésus est là : « Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles » (Matth., xxviii, 20). Déchirant les voiles de l’Hostie, le Sacré-Cœur disait à Marguerite-Marie : « Je les consolerai dans toutes leurs peines ».

L’éclat resplendissant au Ciel de la Face adorable de Jésus

d’après Saint Thomas d’Aquin (')

« C’est de la splendeur du Visage de Jésus-Christ qu’il est écrit dans le Saint Evangile, qu’après la résurrection les corps des saints brilleront comme le soleil, mais leurs âmes seront encore plus éclatantes; et plus une âme sera brillante, plus son corps sera éclatant, et les anges seront plus resplendissants que le soleil.

« Mais l'éclat du Visage de Jésus-Christ l’emportera sur toute cette splendeur réunie, comme le jour le plus brillant l’emporte sur la nuit la plus ténébreuse ; car la cité céleste n’a besoin pour l’éclairer, ni du soleil, ni de la lune, [ni des étoiles, mais elle est illuminée par l'éclat du Visage de ce divin Agneau, selon le témoignage de Saint Jean dans l’Apocalypse (xxn, 1, 3-5).

(( Le Visage de cet Agneau, c’est l'éclat de la lumière éternelle , c’est le miroir sans tache, comme il est rapporté dans le livre de la Sagesse. C’est lui qui disait un jour à son Père (Jean, xvii, 24) : «Je veux que ceux que vous m’avez donnés soient où je suis, afin qu’ils voient ma splendeur » ; et la Glose ajoute : « Je veux que cette lumière dont vous m’avez environné, vous la donniez à chacun d’eux pour qu’ils en jouissent éternellement. »

(1) Dans ses Opuscules, Op. 62, ch, 3.

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