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La paix de la conscience

Tous les trésors du monde ne vaudront jamais la paix d’une bonne conscience.

Lorsqu’on a accompli tous ses devoirs, qu’on n’en a négligé aucun, et qu’on a fait tous les efforts voulus pour s’y garder fidèle, le cœur est tellement satisfait et la conscience si justement pacifiée, que l’on éprouve une joie douce et sereine qui atteint les profondeurs de l’àme.

Pour être complète cependant, cette joie doit être vivifiée par un principe spirituel qui nous fait rapporter à Dieu tout ce que nous faisons, et trouver en lui l’autorité suprême qui nous impose les devoirs et nous départit les moyens de les accomplir.

Le bonheur d’accomplir son devoir dans des vues surnaturelles mérite d’être expérimenté, 11e serait-ce que pour remplir l’àme de la paix à laquelle elle aspire.

Remontons donc sans cesse vers le Dieu qui nous a créés, vers le Rédempteur qui nous a sauvés, vers le Jésus miséricordieux qui nous a tant de fois pardonnés et qui s’est fait la source de notre bonheur dans le temps et dans l’éternité.

Le bonheur prend toutes les formes et court le monde ; ne le saisissent et ne le possèdent vraiment que les coeurs purs et les âmes vertueuses.

LE GRAND DRAME DE L’AMOUR

L’EUCHARISTIE ET LA PASSION

étudié dans l’Evangile

I. — Les préparatifs de la Pâque légale Application Eucharistique (Suite)

ES AMES DANS LESQUELLES LES DlSCIPLES DE JÉSUS DOIVENT CHERCHER A PRÉPARER LA PAQUE EUCHARISTIQUE. — Ubi, Oli

désirez-Vous, ô Jésus, célébrer aujourd’hui la Pâque; c’està-dire sur quelle âme votre amour arrête-t-il son choix, pour venir y célébrer la grande fête de l’intimité ?

Cette âme privilégiée, c’est d’abord l’âme du disciple ; car c’est dans le cœur des siens que Jésus désire avant tout venir et se reposer. — L’on y prépare la Pâque par une pureté parfaite, l’ornementation de toutes les vertus, le don généreux de tout soi-même, un entier et amoureux abandon au bon plaisir du divin Maître.

Ce sont ensuite les âmes qui nous sont confiées ou sur lesquelles nous exerçons une influence quelconque, à qui nous pouvons dévoiler les divins attraits de Jésus danà l’Eucharistie et "que nous nous efforçons d’attirer à la Tablé Sainte. — L’on y prépare la Pâque par les pieuses pensées, les saints désirs, les amoureux sentiments qu’on s’applique à y faire naître. Montrer aux âmes craintives, ignorantes, indifférentes, les puissants et divins effets que produit en nous la sainte Communion, c’est préparer ces âmes à mieux comprendre les désirs de Jésus et à s’y conformer.

C’est l’âme des enfants , que Jésus aime tant et qui ont besoin d’un cœur dévoué pour les mieux préparer à recevoir le Pain des Anges. — L’on prépare la Pâque dans ces jeunes cœurs par les enseignements qu’on leur donne, par l’amour qu’il est si facile de développer en eux, par l’innocence que l’on s’efforce d’y conserver et qui est la meilleure des préparations à la communion. Jésus a tant de plaisir de venir dans un cœur où Satan n’est jamais entré !

C’est encore l’âme des pécheurs , qui s’éloignent de la source de la vie et qui ne connaissent plus les joies de la Pâque eucharistique. — L’on y prépare la Pâque par des prières ferventes et incessantes, par une vie toute de pureté et de vertus, par des sacrifices et des pénitences, et, plus directement, par les pieuses industries d’un zèle ardent puisé à la source même de l’Eucharistie, pour rapprocher ces pauvres âmes de la Table Sainte où Jésus les attend.

REVUE DE LA SAINTE-FACE

C’est enfin l’âme des mourants où Jésus a tant à cœur de venir une dernière fois célébrer la Pâque, comme II le désirait autrefois avant de quitter ses disciples et de marcher à la mort. — L’on y prépare la Pâque, en disposant ces âmes à cette dernière visite du divin Maître, en la leur faisant désirer comme la plus douce consolation de leurs derniers moments, et comme leur plus grande force contre les tristesses et les angoisses de la mort.

Que d’âmes encore sur lesquelles peut agir une âme eucharistique, un vrai disciple de l’Eucharistie, qui ne vit que pour son Maître et qui s’efforce d’en refléter dans sa vie l’amour et la sainteté !

Combien qui ne vont pas à l’Eucharistie, parce qu’ils ne la connaissent pas ! Combien qui l’aimeraient avec enthousiasme et en deviendraient des disciples ardents, s'ils la comprenaient, s’il y avait des cœurs charitables et dévoués pour leur en donner une intelligence plus exacte !

C’est là l’apostolat des âmes dévouées à Jésus-Eucharistie. C’est leur trop belle mission ! Mission facile, que toutes peuvent accomplir, ne serait-ce que par la pureté et la sainteté exemplaire de leur vie. L’on finira vite par comprendre, autour d’elles, que c’est l’Eucharistie qui transforme ainsi les âmes, et l’on se sentira porté à les imiter.

11. — L’esprit de désintéressement et d’amour des disciples de Jésus-Eucharistie. — Les âmes sont d’autant plus délicates et généreuses dans leur désir de faire rayonner Jésus-Eucharistie, qu’elles sont plus désintéressées. C’est Jésus qu’elles aiment et pour qui elles travaillent et se dépensent. C’est pour Jésus qu’elles préparent les âmes à Le recevoir : par émus tibi.

Cette pensée que c’est leur divin Maître qui jouira de leurs travaux et qui tout à l’heure viendra se reposer dans cette âme, y répandre ses dons et y prendre ses divines complaisances, les réconforte et les inonde d’une douce joie. Elles sentent en elles non seulement l’assistance de Jésus, mais encore son action vivifiante. Leurs paroles, leurs prières, leur zèle, sont comme un écho de l’amour de Jésus et le rayonnement de ses désirs les plus ardents. Dégagées de tout sentiment humain, Jésus est leur trait d’union avec les âmes; elles n’ont qu’un but, celui de laisser Jésus agir librement en elles et établir partout son règne eucharistique.

12. — Les saintes joies des disciples de Jésus-Eucharistie. — C’est en vérité un langage plein d’une sainte familiarité que tient l’âme eucharistique à Jésus, son divin et tant aimé Maître. En Lui demandant ses ordres : « Où voulez-vous que nous vous préparions tout pour manger la Pâque ? » c’est bien le secret de son Cœur qu’elle réclame. Il s’agit de savoir où Jésus veut diriger ses pas, où II veut descendre pour jouir dans l’intimité de l’union des âmes. C’est d’un repas qu’il s’agit, mais

d’un repas privé : Jésus vient seul dans l’âme, pour se délecter en elle et la remplir de Lui. La douceur et la suavité du festin consistent surtout dans l’amour mutuel que se portent les convives.

Pouvoir concourir à la préparation de ces festins intimes de l’amitié, c’est un honneur et une grâce. Etre choisi soi-même pour théâtre de cette divine visite de Jésus, c’est une plus grande grâce encore. Etre l’invité à ce banquet sacré, devenir le petit Cénacle où Jésus daigne venir renouveler les fêtes pascales, les douces joies du soir de la Cène, et cela souvent, tous les jours même : c’est un bonheur à nui autre pareil.

Tout ce qu’il y avait de joie dans le cœur des Apôtres, au moment où ils se disposaient à préparer la dernière Pâque qu’ils devaient célébrer avec leur cher Maître, s’accumule dans l’âme qui se prépare à la Communion. Sa joie grandit encore par la certitude que cette Pâque ne sera pas la dernière, mais qu’elle aura un lendemain, qu’elle se renouvellera tous les jours de sa vie.

Elle comprend alors combien elle est aimée, et combien, en retour, elle doit désirer Jésus avec ardeur, Lui préparer avec une exquise délicatesse la salle du festin, L’accueillir dans son cœur avec un amour tout de tendresse et répondre avec une générosité sans mesure aux moindres désirs de son Bien-Aimé ; afin que cette Pâque qu’il daigne faire avec elle soit pour tous les deux, et pour Jésus surtout, tibi , une véritable fête du cœur, d’où l’âme puisse sortir embrasée, forte et courageuse, pour suivre ensuite Jésus sur la route du Calvaire et y mourir avec Lui.

Bel exemple de douceuF dans l’infiFmifé

iiJT algré ses travaux incessants, Saint François de Sales avait un embonpoint qui devenait presque une infirmité. Les calvinistes qui le détestaient cordialement se moquaient de lui en l’appelant « Saint Gras ».

Un soir, dans une de ses tournées pastorales, il se trouvait sur un balcon avec quelques gentilshommes catholiques, dans la maison de l’un d’eux. Un jeune étudiant huguenot, de dix-sept à dix-huit ans, passant dans la rue, aperçut le saint Evêque, et l’apostropha avec insolence : Saint Gras ! Saint Gras !

Le bon Evêque ne fit que sourire ; mais les gentilshommes prirent la plaisanterie au sérieux, et deux d’entr’eux, s’élançant à la poursuite du drôle, l’eurent bientôt pris au collet et ramené devant Saint François de Sales. Celui-ci pria l’assistance de le laisser quelques instants avec le délinquant. Lorsque tout le monde se fut retiré, il le fit asseoir près de lui, excusa sa faute, et parla au pauvre étourdi avec tant de bonté, avec une charité si charmante, que celui-ci, tout confus ne put s’empêcher de pleurer et de lui demander pardon à genoux.

Le Saint le releva, l’embrassa tendrement ; et cet accueil fit sur le jeune protestant une impression si profonde, que peu de temps après il se fit catholique.

La religion qui fait faire de pareilles choses et qui produit de pareils hommes, disait-il, est évidemment la religion véritable.

REVUE DE LA SAINTE-FACE

arie, soyez ma protectrice !

"Marie, vous êtes ma "Mère, et c’est ce qui me console ; vous êtes toute-puissante, et c’est ce qui me rassure.

Je sais que vous avez les yeux ouverts sur moi et que vous êtes attentive à tous mes besoins. Vous m’avez agréé pour votre enfant ; vous retrouvez en moi les traits de votre divin Fils ; vous savez que mon âme vaut tout le prix de son sang ; et vous éprouvez pour moi les mêmes sentiments de tendresse que vous portez à Jésus, qui a daigné vous constituer ma "Mère comme vous êtes la sienne.

Vous connaissez, ô "Marie, la faiblesse et l’impuissance de votre enfant. Par moi-même, je n’ai aucun mérite, et je ne peux en acquérir sans le secours de la grâce. Dépourvu de tout, je suis exposé à toutes les défaillances. Comment pourrais-je marcher et me maintenir dans la voie du devoir et de la vertu, si je n’étais soutenu dans mes efforts ?

Mais l’enfant qu’assiste sa mère est fort de toute la force de son amour maternel. C’est pourquoi, ô Marie, ma mère, je suis paisible et confiant, sûr que je vous trouverai toujours à mes côtés, veillant sur moi et me fortifiant sans cesse. Oh ! soyez bénie, vous en qui j’espère et me confie.

Je m’en vais vers le ciel, exposé à bien des dangers. Comme les enfants qui ignorent la nature des instruments qu’ils manient, j’ai joué avec des périls mortels pour mon âme ; et instinctivement j’oublie que les roses ont des épines et que les sentiers les plus enchanteurs peuvent côtoyer les abîmes. O ma tendre Mère, dans combien de précipices ne serais-je pas tombé, si vous n’aviez eu compassion de moi ! Ah ! préservez-moi toujours contre tout danger connu et inconnu.

Soyez d’autant plus Mère pour moi, ô Marie, que je suis exposé aux attaques d’ennemis nombreux et puissants. L’enfer, le monde, ma mauvaise nature me livrent de continuels assauts. Si vous n’étiez là pour me protéger, je serais perdu.

Ah ! je vous en conjure, ne m’abandonnez jamais ; ayez pitié de moi, étendez sur moi votre manteau protecteur, cachez-moi dans ses plis et conservez-moi fidèle pour votre consolation et celle de Jésus votre divin Fils.

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