‹ La Voix du Bon-PasteurChapitre 84 sur 88 · INTENTIONS DE NOS ABONNÉS · texte numérisé non relu

INTENTIONS DE NOS ABONNÉS

Action de grâce pour la guérison subite d’une neurasthénique. — La santé d’un infirme. — Entente cordiale entre les membres d’une famille. — Guérison par la Sainte-Face d’une jeune fille de dix-huit ans, malade depuis trois ans. — Deux autres guérisons. — Deux conversions. — Un religieux dont la vocation est en danger. — La persévérance d’un jeune homme dans la vocation sacerdotale. — La diffusion de notre Revue. — Une abonnée décédée. — La paix entre les nations.

La Rose du Vaticap

Jff'k N Par une s°irée d’été, Sa Sainteté Pie IX, passant dans

CTp les jardins du Vatican, rencontra un enfant dont les mains étaient chargées de fleurs. A la vue du Saint-Père, l’espiègle s’arrêta, rougit, baissa les yeux et laissa tomber ses fleurs.

Pie IX, souriant, s’approcha de lui.

— Où as-tu cueilli ces fleurs, mon enfant ? lui demanda-t-il doucement.

— Là, dans votre jardin, Saint-Père.

— Pourquoi les as-tu jetées à mon approche?

— C’est que, balbutia l’enfant, ma bonne mère m’a défendu de toucher à ces belles fleurs.

— Tu lui as désobéi, mon enfant, c’est mal ; tu le regrettes, je vois une larme dans tes yeux ; je te pardonne pour elle et pour moi ; aimes-tu ces belles roses ?

— Je les aime beaucoup, Saint-Père.

— Je te permets de les cueillir, mais que veux-tu en faire ?

— Je les porterai à ma mère qui les gardera en souvenir de vous.

— Quel est ton nom, mon fds ?

— On m’appelle Léonillo.

Pie IX embrassa l’enfant et lui donna sa bénédiction.

Léonillo restait soucieux, levant ses grands yeux noirs vers le Souverain Pontife.

Cette muette requête fut comprise par le cœur de celui qui savait se faire petit avec les petits.

— Tu désires encore quelque chose, mon enfant?

— Saint-Père, vous m’avez donné votre bénédiction, à moi qui dévastais vos jardins, bénissez donc aussi mon père qui combattait autrefois contre vos soldats.

— Je le bénis de tout cœur, mon enfant. Je lui pardonne comme je pardonne à tous mes enfants rebelles.

— Oh ! que ma mère sera heureuse !

— Va la rejoindre, aime le bon Dieu, obéis à tes parents en ce qui est juste et bon, et souviens-toi que le Pape t’a béni.

Le Souverain Pontife s’éloigna.

Nous sommes au mois de novembre 1867. De graves événements venaient de s’accomplir en Italie, et une lutte s’était engagée entre les zouaves pontificaux et les bandes révoltées.

Peu de jours après la bataille de Mentana, Pie IX visitait une ambulance où se trouvaient plusieurs garibaldiens et s’arrêta devÆnt le lit d’un jeune homme grièvement blessé.

C’est un carbonaro, dit à voix basse l’infirmier, il refuse tout secours religieux, et cependant il va mourir.

— Pauvre enfant, murmura Pie IX, en se rapprochant du blessé.

REVUE DE LA SAINTE-FACE

Il y eut entre le Pontife et le blessé un échange de regards. Le jeune homme tressaillit, ouvrit les yeux.

— Me reconnaissez-vous, Léonillo, ajouta le Pontife, vous rappelez-vous la rose blanche du jardin du Vatican ?

— Oh ! je m’en souviens sans cesse, reprit le moribond en s’efforçant de cacher sa figure dans ses mains, j’étais heureux alors ; aujourd’hui, je n’ai plus d’amis.

— Ne suis-je pas là votre ami, votre père !

— J’ai offensé Votre Sainteté, j’ai porté les armes contre le Pape.

— Le Seigneur, dont je suis l’indigne serviteur sur la terre, pardonne tout au repentir.

— J’ai été égaré par de faux amis. Ah! si j’avais suivi les conseils de ma mère !

— Cette bonne mère, où est-elle ?

— Elle est morte.

A ces mots, saisi d’un trouble profond, le blessé porta la main à sa poitrine ; la blessure ouverte laissait couler son sang. Alors son regard rencontra les yeux de Pie IX et il eut la force de crier :

— Saint-Père, pardonnez-moi encore une fois !

Le Pape se pencha vers lui, il y eut à voix basse un entretien suprême, et on vit la main qui a toute puissance pour ouvrir le ciel se lever sur le mourant.

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