PRIÈRE A SAINT MICHEL
(Fête, le 29 Septembre)
*, glorieux Saint Michel, permettez que nous vous apportions l’hom- I mage de notre reconnaissance, de noire vénération et de notre » amour. Commis par l’ Eternel à la garde du Droit, vous avez rejeté dans les abîmes Satan et ses suppôts, inclinant votre épée devant l’Homme-Dieu et la Vierge qui devait enfanter et devenir la Reine des Anges.
Nous vous saluons, nous vous bénissons, nous vous acclamons, mais, de grâce, défendez-nous dans le combat !
Les ténèbres du doute ou de l’erreur nous envahissent de toutes parts : Archange de lumière, dissipez nos ténèbres !
Les volontés fléchissent et les courages chancellent : Archange victorieux, ranimez nos ardeurs et communiquez-nous la flamme qui fait les âmes justes et les peuples vaillants !
Les cœurs s’attachent à la chair et au sang : ô Séraphin sublime, arrachez-nous à la fange et portez-nous à Dieu !
O Saint Michel, gardez l’Eglise et son Chef; sauvez notre patrie, protégez son clergé et ses fidèles, convertissez ses fils égarés ! Que le règne de Dieu s’établisse sur nous et sur le monde pour qu’à jamais, ô Prince de la milice céleste, nous soyons associés à vos triomphes !
Ainsi soit-il.
REVUE DE LA SAINTE-FACE
?C5 Pourquoi De la oie
Pourquoi pleurer
Il n’y a pas de doute, le concert des larmes est universel. Quels sont les yeux qui n’ont pas pleuré ? Autant vaudrait dire, quels sont les cœurs qui n’ont pas aimé ? Les larmes sont l’expression des sentiments de l’âme ; et à ce titre, nous devons leur savoir gré de couler, puisqu’elles nous sont un soulagement au trop-plein ou de nos joies ou de nos peines.
En effet, on pleure de joie comme on pleure de douleur. L’amour de la mère devant son enfant s’exprime par des larmes d’une tendresse profonde 5 et c’est ainsi que la Sainte Vierge a dû pleurer, lorsqu’elle contemplait Jésus le fruit béni de son sein.
L’amitié qui repose au fond des cœurs amis, se révèle instinctivement par la voie des larmes, à l’heure de la réunion ou de la séparation ; et c’est ainsi qu’ont du être souvent marquées les relations divines de Jésus avec ses amis de Béthanie.
L’amour qui dans les grandes joies ou dans les grandes peines ébranle le cœur jusque dans ses profondeurs, n’a pas d’autre issue que les larmes ; et c’est ce qu’a voulu nous enseigner Jésus dans la parabole de l’enfant prodigue, où le père a dû tant pleurer au départ et au retour de son fils perdu et retrouvé.
Le regret des joies passées et à jamais perdues, est aussi la cause de bien des larmes ; et c’est ainsi qu’ont pleuré nos premiers parents chassés du paradis terrestre.
Les cœurs meurtris par les affections méconnues et les abandons renouvelés, voient facilement leur douleur monter jusqu’aux yeux et s’épancher dans les larmes; et qui n’a pas ainsi pleuré sur cette terre où tout change et où tout disparait?
Les grands coups de la mort qui jettent tant de cœurs dans le deuil se traduisent éloquemment par des larmes et des sanglots ; comme Jésus a pleuré sur Lazare et comme tous les humains pleurent sur les tombeaux,
Oui, cette vérité est incontestable : les larmes sont universelles, et tous les yeux sont faits pour pleurer. Bien aveugles sont ceux qui n’en voient pas la raison, et qui ne savent pas assez analyser les sentiments du cœur, pour comprendre que les larmes en sont le langage le plus éloquent.
Vous avez assez observé ces choses pour en être convaincu. Vous êtes trop animé de sentiments chrétiens pour ne pas saisir la vérité des enseignements de l’Église qui nous invite de toute manière à surnaturaliser et à sanctifier les nombreuses épreuves dans cette vallée des larmes.
Si vous voulez vous appliquer à vous-même ces quelques considérations, mettez-vous à la place de tous ceux qui pleurent, et vous reconnaîtrez que Jésus est juste et miséricordieux à la fois dans toutes les larmes qu’il laisse couler, et qu’il a béatifiées en promettant de les sécher et de les consoler.
Il n’a pas plus fait les larmes qu’il a fait la mort. C’est le péché qui a fait surgir dans l’humanité cette source intarrissable de douleurs et de larmes, à laquelle s’abreuvent forcément tous les hommes, et qui a dressé au-dessus de toutes les générations de l’univers le spectre terrifiant de la mort.
Donc, vous devez pleurer, vous qui avez péché. Vous devez verser bien des larmes, vous qui avez à réparer et à expier. Vous devez accepter généreusement de souffrir et de pleurer, si vous vous rendez bien compte de la peine que vous avez faite à Jésus dans le passé, et de celle que vous Lui faites peut-être encore par vos infidélités et vos indélicatesses.
Quelle légère réparation en fait, que quelques larmes que vous aurez versées, pour compenser l’amour que vous aurez refusé à Jésus , votre Bien-Aimé ! Mais aussi, quelle valeur ce tendre Maitre, dans son infinie bonté, a daigné attacher à chaque larme du cœur, qu’il rend capable d’opérer de semblables purifications !
C’est donc une grâce de pleurer ; non par pure sensibilité, mais par besoin de réparation pour soi-même et pour les autres, comme Jésus a pleuré sur Jérusalem et ses infidélités.
On ne peut se passer du Pape
Un jour, l’empereur Napoléon mandait à Paris Mgr de Barrai, archevêque de Tours, parent des Bonaparte.
Le prélat arrive aux Tuileries. Quand on annonce : « L’archevêque de Tours ! » l’empereur s’avance précipitamment vers Mgr de Barrai et lui dit :
— N’est-ce pas mon cousin, que la France peut se passer du Pape ?
— Oui, sire, comme l’armée peut se passer de Napoléon !
REVUE DE LA SAINTE-FACE
Jésus, le diüin ©oissormeuv
,Ésus habite le ciel, mais la terre est son royaume. Ayant acquis des droits incontestables sur l'humanité et ayant payé de son Sang le salut du genre humain, il est juste qu’il récolte ce qu’il a semé et qu’il tire de son bien tout ce qu’il Lui a coûté.
A l’exemple de son Père, qu’il nous dit être le souverain agriculteur, Il cultive avec un soin minutieux le vaste champ des âmes qu’il éclaire de ses divines clartés, qu’il réchauffe de son amour, qu’il arrose de son Sang, et qu’il féconde des grâces sans nombre dont II conserve l’universel dépôt dans l’Eucharistie.
Expérimenté dans l’art des célestes cultures, et ayant en main tous les moyens de faire rapporter à ses semences cent pour cent, et plus encore, sa principale et plus chère occupation, après avoir semé et fécondé, est de surveiller le moment de la maturité et d’emplir les greniers éternels des produits précieux de son abondante moisson.
Partout où II a semé une graine du paradis, Il s’avance joyeux et plein d’espérance. D’une main que guide la sagesse, Il cueille avec amour le fruit de ses labeurs. A peine en est-Il en possession, qu’il remet dans le sillon une autre semence, à la place de la première, destinée celle-là à Lui rapporter plus encore, fécondée qu’elle sera par une préparation antérieure du terraiq où elle doit germer.
C’est ainsi qu’en multipliant ses grâces, Jésus conduit les âmes cle vertus en vertus, jusqu’à la pleine moisson de la sainteté.
Moissonneur des biens éternels, Jésus s’en va par les plaines riantes des vertus chrétiennes, cherchant partout des champs à moissonner. Tout L’attire et Lui plaît, quand il s’agit de cueillir le fruit sur sa plante ou la fleur sur sa tige.
L’humble violette qu’il cueille par terre, pour ne pas la fouler aux pieds, Lui plaît autant que le lys éclatant de blancheur et la rose vermeille qui embaume les parterres ; l’humilité ayant à ses yeux le même attrait que l’amour et la pureté.
Les champs de blé ont pour Lui un charme particulier. Lorsqu’il voit les épis dorés se balancer sur leurs tiges, semblant appeler la faucille du moissonneur, Il s’empresse de les couper pour en faire un pain savoureux qu’il transformera tout à l’heure en Hosties. Ces grains de blé sont les vertus qui germent à l’ombre du Tabernacle et que dore l’amour qui s’en échappe.
Tout aussi belles à ses yeux sont les vignes fleuries auxquelles pendent les grappes nuancées du raisin qui distille le nectar, et que, tout heureux, Il jette dans le pressoir pour en remplir ensuite le calice de ses Prêtres. Chaque grain de raisin est une vertu sacerdotale que Jésus , le souverain Prêtre, s’attend à voir s’épanouir dans l’âme de ses Ministres et qu’il moissonne pour en faire le plus bel ornement de sa couronne.
Jésus , le divin Moissonneur, ne moissonne pas seulement dans les vastes plaines ; Il pénètre aussi dans les jardins fermés oà mûrissent les moissons à l’ombre des cloîtres. C’est là surtout qu’il se plaît à glaner, parce que les plantes y sont plus rares et les fruits y mûrissent plus vite. Les fleurs y ouvrent leur corolle pour embaumer le Bien-Aimé. L’amour le plus tendre Lui fournit sans cesse de quoi moissonner.
Et Jésus , pressé par la tendresse qu’il porte à ses épouses, sème et sème toujours pour récolter sans fin, jusqu’à la dernière moisson qui se fera aux portes du Paradis.
Nihil obstat : P. Pourrat, cS. S., Censor
Maison du Bon-Pasteur, 228, Boulevard Péreire, Paris (17e)
Çhèyuesposlaux — Compte n° 208 64 Paris