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Particuliers, et dans beaucoup de Cas, sans pouvoir donner à leur race le bénéfice de leur chevaleresque dé. Vouement, sont allés là-bas, combattre et mourir pour la cause dont on leur avait fait voir la noblesse et l’urgence.
De pius, par tout le Pays, la bravoure de nos soldats. à trouvé un écho et on a su répondre par des oeuvres considérables et toujours actives de charité solidaire, et ce mouvement universel de coopération et de sympathie demande à être soutenu par les sentiments de la foi et de la piété.
Puisque nous sommes ainsi et coûte que coûte, en. gagés dans une guerre désastreuse, dont les causes ne sauraient être par nous discutées et jugées, mais dont les conséquences s’étendront nécessairement jusqu’à nos contrées, et que nos ‘soldats canadiens ge battent autour du drapeau britannique, et dans la pleine conscience du devoir d'honneur loyalement et librement accepté, il est juste, il est légitime que nos prières les accompagnent jusque sur les champs de batailles Pour soutenir leur courage, et que ces prières montent jusqu’au ciel, Pour demander pour nos armées la victoire.
Ceci dit, nos très chers frères, pour le soulagement de la conscience du citoyen, qu’il nous soit maintenant permis de nous éiever Pl. haut, jusqu’au pape luimême, pour nous joindre à lui dans sa prière ardente pour le retour de la paix dans le monde,
La guerre est toujours en ellemême un fléau. Si
elle est juste d’un côté, elle est nécessairement injuste de l’autre, et par conséquent un crime. Et qui jamais pourrait donner une idée, même éloignée et restreinte, des malheurs qui naissent de la guerre, pour les familles, pour les nations, pour l'Eglise elle-même. Aussi, on comprend que le pape, refusant d'entrer dans ie conflit, et de prononcer la parole que des imprudents lui demandent, plane en son âme de Pontife Souverain au-dessus des champs ensanglantés, audessus des nations en guerrr, au-dessus des trônes eux-mêmes, et comme les anges à Bethléem dans la nuit de Noël, fasse entendre ces paroles de douceur et de charité: Paix aux hommes de bonne volonté.
‘*...Désireux de faire parler plus haut encore que ‘le fracas des armes la voix de la foi, de l'espérance et ‘* de la charité qui, seules, ont la force divine d’unir les ‘‘ hommes en un seul coeur et une seule âme, — Sa Sain- ‘‘teté Benoît XV invite, Il exhorte le clergé et le peu- ‘‘ ple, à des oeuvres de mortification, pour expier les ‘‘ péchés qui provoquent les justes châtiments de Dieu : ‘‘et Il a décidé, en même temps, que, dans tout le monde ‘‘ eatholique, d’humbles prières seront adressées à Dieu ‘pour obtenir, de sa miséricorde, la paix tant dési- ‘ rée, ?? #1
Prions done, nos très chers frères, et, à la demande instante du pape, faisons prier les petits enfants, de-
# Décret, 10 janvier 1915.
mandons au Seigneur qu'il prenne pitié de tant de mi. res, angoïssées pour le sort de leurs fils; pitié de tant de familles, orphelines de leur chef; pitié enfin de la mal. heureuse Europe, que menace une si vasle ruine, Lt qu'il rétablisse dans la stabilité de la justice, une paix durable dans laquelle, il sera lui-même reconnu comme le Roi des familles et des peuples.
Il est, nos très chers frères, un autre concours dû à Notre Très Saint-Père le Pape, par notre piété filiale, celui de nos gén. reuses offrandes pour l'oeuvre connue sous le nom de Denier de Saint-Pierre.
Est-il besoin d'appuyer sur les motifs qui doivent inciter les fidèles à secourir leur Père commun, surtout dans les temps actuels,où les besoins se font plus grands, et où les ressources normales du Saint-Siège sont taries en beaucoup d'’endroits par les malheurs de la guerre. Chacun sait que le Pape dans le gouvernement de l'Eglise universelle, requiert une organisation considérable, qui coûte très cher, et pour le bon fonctionnement de laquelle il n’a d’autre appoint que celui qui lui vient de la fidélité des catholiques.
On n'ignore pas davantage que des oeuvres multiples, intéressant le bien des âmes, s'imposent à l'attention continue du chef de l'Eglise, et qu’il doit nécessairement y pourvoir.
Personnellement, il lui faut peu de chose, encore est-il
aécessaire cependant, qu’il vive dans la dignité convenable au poste suprême qu’il occupe. C’est encore le devoir des fidèles de l'y maintenir.
Depuis le commencement de la guerre, alors que la solitude se faisait dans Rome, et l'isolement autour de la personne du Souverain-Pontife et que, par la force des choses, cessaient d’affluer avec les pèlerins :enrs aumônes habituelles, le pape se voyait et continue à se voir tous les jours dans l'obligation qui s'impose à son coeur paternel de verser des sommes toujours considérables, pour aider au soulagement des misères sans nom qui se creusent et augmentent chaque jour.
Mais dans l'Eglise de Jésus-Christ la charité est inépuisable. Partout on s’est mis à l'oeuvre. Les efforts ont été couronnés de succès. Dans tous les pays épargnés par la guerre, on a donné à l'oeuvre du Denier de Saint-Pierre un essor nouveau. Les catholiques ont tenu à honneur de maintenir Notre Saint-Père le pape en mesure de continuer ses libéralités. Vous ne voudrez pas, nos très chers frères, rester à l'écart d’un si beau mouvement et à l’appel qui vous sera fait, nous avons confiance que vous saurez répondre avec un coeur généreux.
Jamais aumône ne saurait être mieux motivée et plus agréable à Notre-Seigneur Jésus-Christ puisqu'elle est destinée à son Vicaire, pour l'aider à poursuivre l’oeuvre que Lui-même lui a confiée dans le gouvernement de son Eglise.
Ne
Voici, nos très chers frères, que nous allons dans quelques jours célébrer la grande fête de Noël. Par l’intercession de sa divine Mère, nous supplions Jésus- Enfant de répandre abondamment sur vous tous ses bénédictions, ét d’exaucer pleinement les voeux que nous formons pour votre bonheur.
Sera, la présente lettre Pastorale, lue et publiée au prône de toutes les églises et chapelles paroissiales et
Donné en notre Palais épiscopal sous notre seing et sceau et le contre-seing de notre Chancelier, le quinze décembre mil neuf cent seize.
f JOSEPH MEDARD, Evêque de Valleyfield.
Par mandement de Monseigneur,
JEAN-DE-LA-CRo1x Doraïs, prêtre, Chancelier.