ACT., XXI
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seins mystérieux, qui devaient sauvegarder sa religion et sa nationalité, l’a fait passer de la domination de la France à celle de l'Angleterre. Dès le principe et sans ambages, à la suite du traité de cession, l’Eglise, par ses évêques, a déclaré que, désormais, c'était le devoir des Canadiens de transporter à la couronne britannique l’allégeance cordiale et sans réserve, que le roi de France avait, de leur part obtenue jusque-là. Depuis cette époque jusqu’à nc: jours, l'Episcopat canadien est resté fidèle à lui-même, et ne s’est jamais démenti. Dans sa manière d'exprimer la même doctrine, il peut y avoir eu des différences purement accidentel'es, tenant à la va. riété des situations, la substance n’a pas changé. Même au prix de mécontentements passagers, et simplement parce que c'était son devoir, il a constamment, sans cesser jamais pour cela de défendre les droits inaliénables de la religion et des familles, montré pour les intérêts du gouvernement nouveau, un zèle, un dévouement, un loyalisme, dont toute notre histoire, depuis la conquête, confirme la vérité.
C’est ainsi notamment que, dans toutes les grandes guerres où l'empire britannique s’est trouvé engagé, les évêques estimant remplir un devoir de leur charge, et aussi parce qu'ils croyaient que les intérêts du Canada s’y trouvaient liés, exhortaient avec insistance leurs ouailles à la pénitence et à la prière, pour le succès de nos armées, et la victoire achevée, faisaient chanter dans les églises, le Te Deum, en actions de grâce. **
28 Mgr Denault.
Nous sommes done, nos très chers frères, en parfaite Communauté de sentiments, d'action et de langage, avec nos vénérables prédécesseurs de l’Episcopat canadien, quand nous venons aujourd'hui vous demander d'adresser au ciel des prières ferventes, pour le succès dé. finitif et complet de l'Angleterre et de ses alliés, dans la guerre épouvantable qui couvre la terre de tant d’horreurs inouïes,
Le clergé, ayant toujours en mémoire la parole de Pierre touchant la soumission que tous doivent prati. quer à l'égard des rois, comme de tous ceux qui détiennent le pouvoir civil #, s’est montré fidèle à suivre les directions épiscopales et n’a jamais cessé de mériter l’éloge que Jui décernaient les évêques auprès du pape à ce sujet.
Le peupe canadien, formé par ces leçons et ces exemples, a donné dans notre histoire le beau spectacle d’une fidélité à toute épreuve que les circonstances firent plus d’une fois hautement méritoire, Telles sont les vraies traditions religieuses et nationales de notre pays. Elles ont trouvé de nos jours, comme dans le passé, l’expression exacte que suggérait la situation.
Par ailleurs, il nous parait bien établi, et les esprits les plus graves le proclament à l’envi partout, que l’empire britannique, avec la France, la Belgique martyre,
” II Per. XII, 17.
et leurs alliés, combattent actuellement pour ‘‘ la défense du droit et de la saine liberté des peuples. * Dès lors, nos très chers frères, il faut reconnaître que le Canada, menacé lui-même par les possibilités d’une guerre faite dans des conditions jusqu'alors inconnues, a fait en même temps acte de sagesse et de loyalisme, en fournissant d’une manière aussi généreuse que spontanée, le concours en son pouvoir à la mère-patrie, l’Angleterre.
Les catholiques,et spécialement ceux de race française, ne sont pas restés en arrière, dans cette manifestation de véritable patriotisme. Pour établir, s’il y avait lieu, une comparaison avec les autres groupes, au point de vue de la libre et généreuse participation de tous, à la guerre européenne, il faudrait faire entrer dans les calculs mis en regard, plusieurs éléments dont on ne paraît pas suffisamment tenir compte.
Mais là n’est pas la question; il suffit de constater et de consigner authentiquement pour l’histoire que, avec l’encouragement et les bénédictions de leurs pasteurs,et fidèles à leur tradition constante, les catholiques du Canada, dans l’ensemble ont, dans ce conflit épouvantable, fait preuve de la loyauté parfaite, qui est la véritable expression du patriotisme sain, et béni par l'Eglise et par Dieu.
Des milliers et des milliers de nos jeunes gens, pour un grand nombre au prix de sacrifices douloureux et
* Card. Bégin.