‹ La voix du pape [microforme]Chapitre 7 sur 10 · GAL, V · texte numérisé non relu

GAL, V

# MaccH., vu, 3.

voyant les choses de très haut, entouré de tout ce qui peut le mieux l’aider dans l’étude des questions soumises à son jugement, est de tous les hommes, le mieux placé pour connaître la vérité, et le mieux qualifié pour prononcer selon la justice.

Celui-là, nos très chers frères, devrait s’attribuer beaucoup de clairvoyance, un immense talent, une sagesse à nulle autre comparable, une expérience consommée et une sainteté éminente, qui s’arrogerait le droit de juger et d’apprécier la parole du pape, et de lui assigner en la restreignant, la sphère légitime de son action, si elle veut être par lui écoutée.

Pour nous, nos très chers frères, nous savons qu’en toutes choses, même dans les questions en apparence purement temporelles, le salut se trouvera toujours dans l’union au pape et la parfaite docilité à sa voix.

La soumission filiale, franche, cordiale, de tout point sincère, et qui ne diseute point, parce qu’elle sait à qui et pourquoi elle se donne, voilà celle que nous pratiquons.

D'autant plus, nos très chers frères, qu’elle est, même au point de vue des causes les plus chères et que nous croyons les meilleures, la seule tactique vraiment utile et efficace. L'’obéissance est toujours bénie de Dieu et, comme dernier résultat, elle entraîne les victoires finales. * Outre le mérite qui s’attache de luimême à l’acte d’obéissance, la dignité qu’il comporte

2 PRov., XXI, 28.

devient une démonstration de la justice de sa cause ; et la considé: :tion s'obtient beaucoup plus par la noblesse de la vertu Que dans le tapage de la résistance.

Les deux plus grands évêques des temps modernes se virent un jour divisés par des questions touchant les points les plus délicats de la direction des âmes; la cause fut portée à Rome, le Pape prononca le jugement qui condamnait Fénelon. Le dimanche suivant l’évêque de Cambrai montait dans la chaire de sa cathédrale et, après avoir fait connaître et promulgué sa condamnation, il déchirait toutes les feuilles de son livre, dans lequel il avait exposé ses idées. Et quand l’histoire rap- Pelle ce trait, elle montre bien que de Bossuet et de Fénelon, en cette circonstance, c’est Fénelon qui se montrait le plus grand dans son âme.

L'obéissance vraiment chrétienne, pratiquée surtout à l'égard du Pape, ne mesure pas ses actes, elle porte audelà de ce que prescrit l’autorité, elle va au-devant de ce que demande l'amour. Le sentiment qui l’anime, semblable à celui des enfants dans une famille où règne la piété filiale, voit dans le pape un père dont on sait qu’il nous aime avec tendresse, qu’il ne veut en toutes choses que notre plus grand bien, et qu’on ne saurait Jamais se tromper en Pensant, en parlant et en agissant avec lui.

Qu'importe alors qu’il s'agisse de Commandement, de conseils, d’avis ou de simples directions, les fidèles sa-

vent toujours reconnaître la voix du pape et la suivre fidèlement. °*

C'est l'engagement que, conformément à une tradition essentiellement canadienne, qui a toujours fait la gloire et le bonheur de notre pays, les Pères du Concile plénier de Québec prenaient naguère solennellement au nom de tous les catholiques du Canada :‘* Declaramus praelerca ac spondemus Apostolicae Sedis non tantum mandata recepturos humiliter, ct quam diligentissime exsecultures, verum etiam monitis, consiliis et votis obtem-

peraturos esse. 7?

À la docilité parfaite à l'égard de Notre Très Saint- Père le pape et à la soumission entière à sa parole, nous devons joindre le secours de la prière fervente et constante. Bien que le Christ ait promis à son apôtre l’assistance perpétuelle qui garantit,sous sa conduite, la sécurité de l’Eglise et son indéfectibilité, il faut ajouter cependant que, l’union dans la foi, dans l'amour et la prière, est précisément le moyen humain dont il plaît à Notre-Seigneur de se servir pour protéger extérieurement son Vicaire.

L'Eglise est immortelle, le pape à sa tête est infaillible dans les conditions établies et précisées par l’Esprit-Saint ; ceci n’empêche point que les épreuves les

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Plus terribles ne soient venues périodiquement assaillir l'Eglise, et mettre en péril, sinon son existence, au moins la liberté de son action et le salut de bien des “ines.

Le pape lui-même continue toujours l’apôtre Pierre, qui vit dans ses successeurs. Mais Pierre aussi a vécu des jours sombres et des heures d'angoisse. 11 a été battu de verges, deux fois jeté en prison, et finalement crucifié comme son Maître.

Les épreuves que traverse l’Eglise tournent toujours à son honneur et à sa gloire. Il n’en est pas moins vrai qu’elles constituent des époques transitoires de violence, pendant lesquelles le pape gémit sur les crimes qui se commettent et les âmes qui se perdent. C’est alors qu’il faut prier pour le pape, comme il nous est raconté que le faisaient les premiers fidèles pour Pierre dans les chaînes. 2:

Or, quelle époque fut jamais plus tourmentée que la nôtre ? Qr nd le chef de l’Eglise eut-il à faire face à plus de difficultés ? Quand a:t-il eu à contempler,dans le monde, un débordement plus effroyable de toutes les passions ? Quand a:-til été davantage captif de l’astuce humaine et de sa propre dignité ? C’est donc plus que jamais pour nous le temps d’accomplir cet acte de dévotion vraiment catholique, qui consiste à prier pour Notre Très Saint-Père le Pape: Que le Seigneur le conserve dans la sérénité de l’âme au milieu

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