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La voix du sang

En inscrivant ton nom sur la première page d'un livre où je mets en question la voix du s -ng, j'empêche qu'on ne se méprenne de bonne foi au sens de cette Étude^ et je rends hommage à la sainte affection de la famille.

Il me semble que la reconnaissance perdrait de sa piété, si elle était involontaire, et que l'amour filial ne serait plus de l'amour, s'il était un instinct. Ce qui fait la grandeur ds l'homme, c'est ce qui peut faire son supplice, c'est-à-dire la liberté des mouvements de son cœur et de sa raison.

Quand je pense à mon enfance, à cette part de mon âme qui vient de toi, aux rêves que tu m'as donnés, aux déceptions que je t'ai rendues, je sens que le cher fardeau de ma dette n'a pas besoin d'une voix mystérieuse pour me contraindre à la reconnaissance et à l'amour.

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Je ne songe pas à m'acquitter. Les sentiments purs et dévoués ne se remboursent pas. Je tiens seulement à attester ici que toutes les tendresses maternelles que j'ai dépeintes dans ce Vnre, tu me les as révélées, et que j'ai eu besoin de sortir du cercle de notre famille pour peindre l'ingratitude et l'égoïsme.

Prends donc sous ton patronage ce livre dont je ne veux défendre que l'intention^ sentant très-bien tout ce qu'on peut trouver de défectueux et d'insuffisant dans l'exécution.

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