‹ La voix, l'oreille et la musique (volume 3)Chapitre 3 sur 6 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

sont être, où un thème mélodique est simpleplemenl renforcé ou soutenu par des unissons, des basses-pédales, des sourdines, dont le murmure monotone échappe h la mesure et au rhylhme. Dans un tel concert, et la musique non harmonique n'en peut produire d'autres, la mélodie est tout : seule, elle a des lois, des cadences, un mouvement; les bruits qui Tenveloppent ne sont point un véritable accompagnement, ils ne sont que le fonds sonore, l'atmosphère lourde et immobile qui soutient les ailes de la pensée musicale.

La mélodie, qui est le dessin musical, devait prendre les allures les plus libres chez les Grecs. Les caractères et la richesse de leurs échelles diatoniques trouvent une explication rationnelle dans les phénomènes qui dominent ce qu'on pourrait nommer la genèse des gammes. La musique entière est enfermée dans un son; elle en sort par une façon d'embryogénie naturelle. Le son, on le verra, n'est point chose simple; il porte en lui-même une série d'harmoniques. Cette série engendre la série hiérarchique des consonnances : celles-ci étant données, la gamme se trouve créée ou du moins appuyée sur ses bases fondamen laies.

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