‹ La voix, l'oreille et la musique (volume 3)Chapitre 5 sur 6 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

diverses : mais les paroles de l'opéra associent généralement les notes aux voyelles qui leur sont les moins favorables. Les paroles dépouillent donc forcément la voix humaine d'une partie de son charme.

Les exigences scéniques contribuent encore à gêner le musicien dans l'opéra. L'œuvre harmonique ne peut plus avoir des contours libres, indéterminés, capricieux ; elle s'enferme nécessairement dans des moules convenus. De là vient en partie la désespérante banalité de tant d'opéras italiens, simple succession de formules mélodiques, à peine soutenues par une maigre instrumentation, A ces exemples, on peut opposer, il est vrai, les chefs-d'œuvre de l'école allemande, française et même italienne; mais leur mérite tient visiblement à un effort continu vers l'originalité, à la puissance de l'orchestre, à l'intensité des effets harmoniques, au mouvement dramatique. Le drame est en effet l'heureux privilège de l'opéra, je parle du drame vivant, de la pantomime de la passion, indépendants de toute parole, de toute analyse htlérale. Des situations, des tableaux lui suffisent : combats furieux de la haine ou doux combats de l'amour, gaietés populaires, prières,

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