SCÈNE III
Les Mêmes, SARAH.
SARAH, s’adressant à une table où sont doux buveurs, d’nne voix faible.
La charité pour l’amour de Dieu !
LA VOLEUSE D’ENFANTS
PREMIER BUVEUR
Boni voilà Scott qui laisse entrer les mendiants à présent.
(Elle s’adresse à une autre table.)
DEUXIÈME BUVEUR
Alors, si on ne peut pas boire tranquille I... (On lui tourne le dos ; elle va à une troisième table, on ne lui répond pas.)
SARAH, à elle-même.
Mon Dieu!... j’ai faim... j’ai faim... Est-ce que je vais mourir ? (Avec énergie.) Non... non... je ne veux pas... pourtant je souffre bien... A moi!... A moi!... (Elle se laisse tomber sur une chaise.)
Aht une femme qui se trouve mal... ehl John Bull, un verre de brandy I (Mouvement.)
JACOBSON, lui frappant dans les mains. •
Voyons, ma pauvre femme... (la regardant et à part.) Ahl mon Dieul ces traits... c’est elle!
PIBROCK.
Buvez-moi ça.
JONATHAN, l’arrêtant.
Laisse donc, Pibrock... je la reconnais, moi... Je l’ai vue hier... elle débarquait au pont de Londres avec une douzaine de ses pareilles. Le bateau ramenait le gibier de Bolany- Bay... Elle a fait son temps.
PIBROCK, indécis.
Bah!
JONATHAN, lui prenant le verre.
Du brandy pour elle... excusez!
OLIVIER, s’élançant.
Misérable!
JONATHAN
Hein?
OLIVIER, prenant un verre sur sa table.
Pauvre femme!... Tenez, buvez... buvez doucement!...
(il fait tioiro Sarab qui peu A peu revient à elle.)
JONATHAN, à Olivier.
Quand on vous dit que c’est une déportée.
OLIVIER
Qu’importe ! c’est une femme qui a faim.
SARAH
Ah 1 merci, monsieur... vous êtes bien bon, vous.