SCÈNE V
SARAH, puis JACOBSON.
SARAH
Pauvre jeune homme ! lui aussi, il souffre !
JACOBSON, sortant do la gaucho, et à part.
Son nez en a pour quinze jours... si seulement ça pouvait lui profiter... (Regardant Sarah.) Pauvre Sarah! comme elle est changée! (Allant à elle.) Sarah?
SARA»
Mon nom!... vous méconnaissez?...
JACOBSON
Et vous, vous ne me reconnaissez donc pas?
SARAH
Maitre Jacobson !
JACOBSON
Oui... Jacobson qui, il y a quinze ans... Que voulez-vous! il y avait des preuves... il a Lien fallu... Et vous voila revenue à Londres?
SARAH
Oui, je suis arrivée hier de Bolany-Bay. Toute la nuit, j’ai erré dans les rues de Londres. Ah! maître Jacobson, j’ai été bien coupable... mais le châtiment a été bien cruel.
• JACOBSON
Oui... votre ami, le pasteur, m’a tout dit... votre enfant...
SARAH
Oh!... c’est pour la retrouver que j’ai vécu. Là-bas, quand le soleil brûlait mon front, quand la fièvre faisait trembler mon corps, quand j’entendais gronder la mer entre ina tille et moi... si j’ai vécu, c’est qu’un espoir me soutenait... La retrouver, la revoir... sans cet espoir suprême, je me serais punie, allez!... Je me serais luce... Je serais allée là-hautdemander pardon à Adams, le pauvre matelot qui n’est plus.