‹ La voleuse d'enfants drame en cinq actes en huit tableauxChapitre 28 sur 108 · A CT K PREMIER · texte numérisé non relu

A CT K PREMIER

JACOBSON

Pauvre garçon I que Dieu ait son âme!... Quant à celle d’Atkins, que le diable l’emporte !

SARAH

Comment 1 Atkins?...

JACOBSON

Après avoir subi sa peine pendant dix ans. Atkins est allé mourir en Amérique... C’est un bon débarras pour l’Angleterre.

SARAH

Si j’ai vécu, moi seule, c’est donc que je dois la retrouver, n’est-ce pas, monsieur Jacobson?

JACOBSON

Dame! tout est possible.

.SARAII, d’nno voix douce.

Vous ne savez pas, là-bas, j’ai rêvé d’elle toutes les nuits... Elle me souriait comme un petit ange. « Je ne veux

{ ias que lu pleures, me disait-elle, c’est pour moi que lu vouais de l’argent... Si lu ns été coupable, c'est à cause de moi, c’est presque ma faute... voyons ne pleure pas, maman, ne pleure pasl... > Quand je me réveillais, je me retrouvais au milieu des autres femmes qui chantaient et qui riaient; elles demandaient l’aumône aux gens qui visitaient la prison; c’était pour acheter des liqueurs... moi, je demandais l’aumône aussi, mais c’était pour acheter ceci. (Elle lire de son corsage uo médaillon peoda & son cou) C’est lin petit médaillon... (Arec un orgueil presque enfantin.) Tenez... ah! il esten orl... J’y ai renfermé les cheveux de ma fille... Ils sont beaux, n’est-ce pas, monsieur Jacobson?... Elle avait un an, la petite, quand on les lui a coupés. Une fois... vous ne savez pas... une des détenues a voulu me prendre mon médaillon... Ah ! je l’ai bien défendu, allez! J’ai été la plus forte... dame! c'est mon cœur qui est là-dedans... c’est tout ce qui me reste d’elle... Ah ! il y a des gens bien méchants, allez, monsieur Jacobson... On voulait le voler parce que c’est de l’or... aussi moi, je le tenais serré dans ma bouche pour dormir... comme ça j’étais bien tranquille. . on ne pouvait pas me le prendre. . .

JACOBSON, qoi pleure.

Pauvre fille !

SARAH

Vous pleurez ?

JACOBSON

Dame!.. .oui... qu’esl-ce que vous voulez!. .. (Lui serrant la main.) Tenez... voila tout ce que je peux vous dire.

LA VOLEUSE D’ENFANTS

SABAH

Oh! j’ai élé bien criminelle, je le sais... mais j'ai tant souffert... Quinze ans, et c’est si long un an... Je complais les jours, les mois, les heures... Enfin, Dieu merci, me voilà revenue... je vais pouvoir la chercher.

JACOBSON

Mais cet étranger... qui a emporté Jane... il était masqué ?

SARAH

Oui.

JACOBSON, avec tristesse.

Eh bien!... alors...

SARAH

Il m’a parlé... (Répétant les paroles de l’étraDger.) « Si, dans une heure, je quittais Londres en emportant une petite fille d’un an environ, il y aurait pour toi une fortune... Deux mille livres sterling ! . .. Dans une heure, ma voiture sera devant la porte ! Dans une heure ! # Voilà quinze ans que j’ai entendu ces exécrables paroles et elles sonnent à mon oreille, comme si c'était hier. Voilà quinze ans, et cette voix, je l’entends... c’est la lumière que Dieu a laite pour éclairer mes ténèbres!... après m’avoir châtiée, brisée, anéantie, du haut de sa miséricorde, c’est un lambeau d’espérance qu’il m’a donné !

JACOBSON

Oui... oui... Et vous la retrouverez.

' SARAH

Ah! ça m’a fait du bien de parler d’elle... Je me sens plus ferme et plus vaillante.

JACOBSON

Vrai?

Oui... j’ai confiance... Ah! c’est que j’ai de la religion, maintenant.

JACOBSON

Ah!

SARAH

Oui... il y avait là-bas, un pasteur, un saint homme presque aussi bon que Daniel... il m’a dit: « Repentez-vous.., le ciel est à ceux qui se repentent. » Eh bien! je me repens, et le ciel, pour moi, c’est ma fille !

JACOBSON

Pauvre Sarah !

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