ACTE DEUXIÈME il
HÉLÈNE
Ah! tant mieux!... car j’ai, ce soir, une prière... un aveu à vous faire !...
TREVELLIAN.
Un aveu ?
HÉLÈNE
Que vous auriez reçu depuis longtempsdéjà, si voire sévérité, votre froideur, n 'étaient venues arrêter ma confiance.
TREVELLIAN.
Ma froideur !... est-ce un reproche ? t
Non, mon père.'., c’est une excuse.
TREVELLIAN.
Enfin, de qyoi s’agit-il ? voyons.
HÉLÈNE
D’une chose qui peut décider du bonheur.de ma vie.
TREVELLIAN, avec uno légère ironie.
Ah !... ah ! quelque passion romanesque... une idylle de pensionnaire... dont le héros s’appelle sans doute Olivier Sidney ?
HÉLÈNE
Oui, mon père.
TREVELLIAN.
Ah ! parbleu, la chasse à l’héritière ! c’est cela.
HÉLÈNE
Ah! milord, vous lui faites injure 1 c’est l’àme la plus noble, le cœur le plus généreux... et aujourd’hui même, en s’exposant pour moi, n’a-l-il pas prouvé...
TREVELLIAN, l’interrompant.
Bref, vous venez me demander ?...
HÉLÈNE
De ratifier le choix de mon cœur, de consentir à notre mariage.
TREVELLIAN, avec hésitation.
Vous donner à un petit ofiieier de marine^ à un cadet de famille sans patrimoine!...
N’esl-il pas le seul parent de ma pauvre mère ? d’ailleurs, je suis riche pour deux. N’aurai je pas en dot la fortune que m’a laissée lady Trevellian?
4Î LA VOLEUSE D’ENFANTS
TREVELLIAN, tressaillant, à part.
La fortune de... (Haut.) Ah çà I mais on n’apporte pas le thc... sonnez doge, Hélène !
HÉLÈNE
Vous ne m’avez pas répondu, mon père.
TREVELLIAN.
Plus tard... nous recauserons de cela. Eh bien ! voyons donc, viendra-t-on enfin ?