SARAH, DANIEL
SARAH, nn peu émue.
Daniel à Londres... c’est toi !...
DANIEL
.Oui, Sarah, c’est moi, ton ami d’enfance, moi qui courais avec toi les bruyères, moi, ton frère, moi que tu aimais bien 1
SARAH
Mais je l’aime toujours, Daniel, et j’ai plaisir à te voir.
fi
DANIEL
Il y a huit jours que j’ai quitté le village.
SARAH
Ah! tu viens de Clifdon ?
DANIEL
Je suis parti après avoir embrassé ton enfant.
SARAH
Ah! tu as vu la petite Jane? elle va bien au moins?
DANIEL
Oui, elle m’a souri au départ 1
SARAH
La nourrice en a bien soin? elle est belle, n’est-ce pas, la petiote?... hé! hél elle a quinze mois, sais-tu, cette demoiselle!... voyez-vous comme ça pousse, ces enfants! moi quand je l’ai vue, elle avait quatre mois... et de grands yeux noirs... et de petits cheveux blonds, et si doux... si doux! ahl que je voudrais les avoir sur mes lèvres!
DANIEL
J’ai coupé moi-même cette petite boucle, et je le l’apporte.
SARAH, la prenant.
Ah! lu as pensé à ça, toi, Daniel?... (Riant et retenant ses larmes, en regardant les cheveux.) Ahl ail! des cheveux de la petite Janet... de mon ange à moi!... (Elle tes baise religieusement.) Ah! C’est bon! (Elle regarde Daniel avec émotion, puis lui saute au cou brusquement et l’embrasse.)
DANIEL
Ah! je savais bien, moi, que tu étais incapable de commettre un crime!
SARAH
. Un crime!
DANIEL
Sarah, sais-tu ce que m’ont dit ces hommes?
SARAH
Non!
DANIEL
Ils m’ont dit... (pardonne-moi de te répéter leurs paroles) ils m’ont dit que tu volais de pauvres petits êtres et que tu les vendais à des misérables qui exploitaient leur jeune âge, au profit de leur paresse et de leurs hideux métiers.
SARAH, troublée.
Ces policemen ne savent quoi inventer.