Lt» Recherches psychiques, ci-après, p
il suffit qu'elles soient proposées et non imposées pour que la liberté demeure entière. Les seuls univers que nous puissions imaginer sont des univers régis par des lois qui nous permettent de voir clair dans les phénomènes; mais il n'est pas indispensable que les habitudes de la nature soient fixes, elles peuvent évoluer, du moment qu'elles demeurent intelligibles. Nulle difficulté psychologique ne s'oppos& à la conception d'une nature douée d'une certaine plasticité, d'une certaine indétermination, qui explique précisément son évolution, son adaptation à des conditions nouvelles ; il suffit que la réalité puisse se conformer aux nécessités pratiques de notre expérience, que l'évolution du monde soit libre sans cependant échapper à toute possibilité de calcul. « Une conception de la liberté qui nous permettrait de calculer desévénements libres, dit le professeur Schiller*, est scientifiquement possible, et l'on ne saurait non plus élever d'objection scientifique contre une conception de la liberté qui se résoudrait en une pluralité d'alternatives calculables. »
Appliquons cette théorie à l'acte moral ; un acte possède véritablement une valeur morale lorsqu'il implique un choix et par conséquent la responsabilité de son auteur; mais les alternatives proposées à l'homme vertueux ne sont pas infinies; il s'agit en effet d'un être raisonnable dont le caractère présente une certaine continuité et à l'égard duquel la liberté d'indifférence serait inconcevable : il suffit cependant €fue certaines alternatives existent pour que le libre arbitre puisse être affirmé. Considéré post facto, le cours des événements est intelligible parce qu'il découle du caractère, et des circonstances ; mais anie factum l'acte est encore libre : en effet, l'homme se trouvait en présence de deux solutions au moins, et à.