‹ La Volonté de croireChapitre 3 sur 28 · L'Action réflexe et le théisme, ci-après, pp. 133 et sgg · texte numérisé non relu

L'Action réflexe et le théisme, ci-après, pp. 133 et sgg

6 PRÉFACE 1)1' Tn.\F)lCTELiR

même domaine que celui de la conlinffence des lois-naturelles el des lois morales; l'idée de liberté est de même famille que l'idée d'individualité et que celle de plasticité qui dominent ce qu'il appelle lui-même sa conception « personnelle et romantique »' de l'être et de l'univers. On peut définir la philosophie de William James une philosophie de l'activité consciente; mais cette activité prend conscience de ses moyens comme de sa fin; elle sait se dirif,'er progressivement à travers les vicissitudes de l'expérience et choisir ses voies. Cette faculté de choix guidée par la raison est-elle autre chose que le libre arbitre? II convient donc maintenant de concilier celui-ci avec le déterminisme scientifique et avec l'idée de la Providence. Or, la rigueur des lois scientifiques est peutêtre plus apparente que réelle ; dans le processusmental qui aboutit à la connaissance de la vérité et à la construction de la réalité, notre besoin d'organiser l'expérience pour la mieux comprendre nous incite à la soumettre à des lois et à lui imposer une certaine régularité; mais ces lois sont d'ordre méthodologique, et rien ne nous autorise à les transporter à l'ordre ontologique.

Mais, objectera-t-on, dire qu'un système de lois est nécessaire à l'organisation de l'expérience psychologique, c'est avouer que notre conception de l'universn'est pas absolument libre, c'est déplacer la difficulté. Il est évident qu'une conception chaotique de l'univers nous est interdite, mais une telle conception serait-elle vraiment une manifestation de notre liberté?' Cela est tout aussi invraisemblable que d'accorder dans l'ordre moral le nom de liberté à la libertéd'indifférence. Précisément parce que nous sommesdes êtres raisonnables, les alternatives qui nous sont, proposées sont des alternatives raisonnables ; mais-

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