‹ La volontéChapitre 28 sur 46 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Ainsi compris le rôle de la volonté est de remédier aux insuffisances et aux conflits de l’automatisme en préparant un automatisme supérieur. Elle implique un certain désordre, elle-même ne s’effectue jamais d’une façon tout à fait régulière, elle suppose une certaine indépendance des éléments psychiques, et toutefois elle doit rétablir l’ordre, et régulariser le jeu des éléments. Elle constitue un de ces expédients si fréquents dans la nature humaine où un certain désordre est la condition d’un ordre supérieur, elle est une des applications de cette grande loi d’association systématique, de finalité interne, selon laquelle un esprit utilise d’une façon ou d’une autre, tant qu’il peut continuer à vivre, tout ce qui est en lui, même les défauts qui lui nuisent ou qui risquent de lui nuire et qu’il fait quelquefois tourner à bien. Si nous voulons considérer la volonté non plus seulement dans l’homme, mais dans le monde en général, nous voyons quelle est un des moyens par lesquels ce monde, agissant de toutes parts sur l’homme qui réagit sur lui, arrive à se transformer lui-même, ou plutôt à provoquer sa transformation sans le savoir et sans le vouloir. Car le rôle actif et vraiment important appartient ici à l’homme, sorte de ferment de systématisation et d’harmonie, système actif qui, en se transformant, transforme les choses autour de lui, non point par un développement continu et régulier mais par des séries multiples de crises plus ou moins fortes, plus ou moins nettes, qui à côté de ce qu’elles gardent d’automatique, nous montrent, à divers degrés de différenciation, autant d’actes volontaires.

Page 1