CONCLUSION
En résumant ce qui précède no.us Verrions que la volonté prête à peu près aux mêmes considérations que l’invention. Elle est essentiellement une synthèse, psychique nouvelle et active. Mais elle est toujours mêlée à l’automatisme et aussi à l’activité suggérée, comme l’invention est toujours mêlée à la routine et à l’imitation. Son rôle dans la vie mentale semble à la fois beaucoup plus et beaucoup moins considérable qu’on ne l’a cru. D’une part, en effet, les actes formels de volonté, les voûtions réfléchies sont, sous leurs formes les plus caractéristiques, relativement rares dans la vie. Il est peut-être des gens heureux qui n’ont jamais eu à y recourir. On n’a pas toujours l’occasion ni les moyens d’être un héros cornélien. D'autre part, considérée dans ses formes les plus atténuées comme dans les plus décisives, on peut dire qu’elle se mêle à toute la vie mentale. De la volition réfléchie au caprice et à la velléité, les échelons sont nombreux. Toutes les formes d’activité qui y sont comprises interviennent assez souvent dans notre existence. Mais au-dessous la série se prolonge encore indéfiniment. Dans toutes les synthèses qui se forment en nous, c’est-à-dire dans tous nos états psychiques si variés, dans toutes les manifestations de notre vie, il y a quelque élément de nouveauté, et par suite quelque trace de volonté, si indiscernable soit-elle à nos yeux.