‹ La vraie conscienceChapitre 27 sur 74 · Rapport sur les sciences zoologiques · texte numérisé non relu

Rapport sur les sciences zoologiques

2. Le cerveau et ses fonctions, chap. v. Quant à la sensibilité à son plus bas degré il la fait commencer, comme nous l'avons déjà dit, avec la vie même.

3. Déjà Cangiamila invoquait les découvertes physiologiques de son temps pour rapprocher l'animation du moment de la conception ou même les faire coïncider l'une avec l'autre. Un de ses chapitres est intitulé : Nova circa generat.ionem philosophica inventa indicare animam citius infundi quam olim crederetur. (Lib. I, cap. xi.) Cangiamila attribue cette opinion à Galien, à Alexandre d'Aphrodisias, à Themistius, à saint Basile, à saint Grégoire de Nysse et à plusieurs théologiens et médecins du dix-septième siècle. Lui-même il incline à croire, sans-

Mais sans nous arrêter à des noms de théologiens et de médecins tout à fait ignorés aujourd'hui \ et en nous bornant à rappeler ici Gassendi et Malebranche qui, parmi les philosophes, sont du même sentiment 2, arrivons à des physiologistes dont le nom ait quelque autorité dans l'état actuel de la science. Parmi eux il faut mettre Burdach au premier rang.

Selon Burdach, « le sentiment de soi-même existe en germe dès le moment de la fécondation. » En outre des mouvements uniformes qui dépendent de la matière et des forces extérieures, on voit aussi, dit-il, dans l'embryon des mouvements qui ne sont pas uniformes, qui affectent des degrés différents, des directions diverses et qui diffèrent au milieu des mêmes circonstances. Il se meut avec plus ou moins de force sous l'empire de circonstances extérieures qui dérangent plus ou

toutefois oser l'affirmer, que l'infusion a lieu au moment même de la conception. Voici en effet sa conclusion : Nihilominus dubium remanetutrum Deusanimam creet statim ac aura seminalis fermentationis motum in embryonis liquidis excitaverit ; an potius quando in ipsius corde motus periodicus, nimirum systoïicus et diastolicus inchoatur... Quapropter hodie quoque verissimum judicatur animationis tempus occultum esse, ejusque scientiam creatori Deo Spiritibusque reservari. (Lib. I, cap. xi.)

1. Citons seulement comme un de ceux qui ont le plus éneriiiquement soutenu cette doctrine, Paul Zacchias, médecin et jurisconsulte romain. (Questions médico-légales, qua)st. 9, n° 2, 1661.)

2. On peut leur adjoindre Herbert Spencer que nous aurons occasion de citer.

moins l'assiette de sa vie. « L'embryon a donc le sentiment de son état, par conséquent le sentiment de soi-même et un penchant qui part uniquement de l'intérieur, par conséquent la détermination de soi-même. Mais comme le sentiment de soi-même et la détermination de soi-même sont les caractères essentiels de l'âme, on ne peut méconnaître en lui l'existence d'une âme1. » Puis Burdach examine la question du commencement de ce qu'il appelle la vie morale de l'embryon. Les mouvements, dit-il, auxquels nous reconnaissons l'existence de la vie dans un être différent de nous, ne se manifestent que vers le milieu de la vie embryonnaire, tandis que le cerveau et la moelle épinière, base de l'organisme entier, est la partie qui paraît la première. Il est vrai qu'elle ne se forme que lentement ; mais, selon Burdach, il ne faut pas croire que l'organe de l'âme, pour exercer ses fonctions, doive avoir tout son développement. La formation elle-même est déjà une manifestation de la vie; la fonction n'est point une chose étrangère qui vienne s'y surajouter, et elle se développe simultanément avec la formation de l'organe comme direction spéciale de la vie. Les récits de ceux qui ont entendu, senti et pensé pendant l'asphyxie, sans pouvoir agir sur leurs muscles et donner

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