‹ La vraie conscienceChapitre 3 sur 74 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

la conscience apparaît-elle dans l'homme? Quelle place faut-il lui faire dans, une théorie de l'entendement humain? Quelle est la portée de son témoignage par rapport à nous et par rapport au monde extérieur? Voilà les questions que je traite, pour la seconde fois, après un intervalle d'un certain nombre d'années. A celles-là j'en ajoute d'autres qui les complètent, et qui sont d'ailleurs aujourd'hui comme le champ de bataille entre les défenseurs, dont nous faisons partie, de l'ancienne méthode psychologique, de l'existence même delà science psychologique, et les champions d'une prétendue nouvelle psychologie.

La question est toujours de savoir si c'est par le cerveau ou par la conscience, par l'observation extérieure ou par l'observation intérieure, qu'il faut étudier l'âme et les phénomènes de conscience; si le moi est un et simple ou composé, multiple, un agrégat de phénomènes ; si c'est un principe premier et actif, ou une résultante du jeu d'éléments divers. Il semble que tout l'effort des physiologistes plus ou moins psychologues et des nouveaux psychologues plus ou moins physiologistes, soit dirigé contre l'unité du moi. Ce n'est pas la

Mil PRÉFACE.

première fois sans doute que la psychologie est aux prises avec de semblables adversaires, mais jamais ils n'avaient été plus pressants, jamais ils n'avaient déployé une si ingénieuse subtilité dans leurs arguments physiologiques ou psychologiques.

On me vole mon moi, a dit un jour spirituellement Michelet, contre les psychologues de cette nouvelle école ! Ce moi qu'on cherche à nous voler, nous avons essayé de le défendre.

Enfin, si l'on veut bien lire ce livre jusqu'au bout, on ne s'étonnera pas d'y trouver la question fondamentale de la morale jointe aux questions fondamentales de la psychologie. On verra, en effet, qu'il n'y a pas deux consciences, la conscience psychologique et la conscience morale, mais une seule. Selon nous, entre la conscience et la loi morale il y a identité, de sorte que l'unité de notre sujet n'a souffert aucun préjudice des chapitres que nous avons consacrés à la morale.

Francisque BOUILLIER

Simandre, le 14 février 1882.

LA

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