Essais de philosophie critique, morale psychologique
d'être raisonnable ou la dignité d'homme, être véritablement homme, comme dit Platon, de même qu'Aristote, ne pas se dégrader1, tout est là ; voilà, en fait de morale, la loi et les prophètes.
De là encore ce qu'on appelle la liberté de conscience, et l'incomparable prix qu'y ont attaché les hommes de tous les temps, les sacrifices qu'ils ont faits, et qu'ils sont prêts à faire encore aujourd'hui, pour la conserver et la défendre. Tout ce qu'il va en effet d'obligatoire et de plus sacré pour l'homme est compris dans cette liberté sans laquelle toutes les autres ne seraient rien. La liberté de conscience c'est la liberté de professer, de faire, ce qu'on croit être vrai et bon, c'est-àdire ce qu'on juge convenable à notre nature Aussi nulle atteinte à la dignité de l'homme n'estelle plus profonde qu'une atteinte à la liberté de conscience. Il n'est pas nécessaire d'insister davantage sur cette liberté; nous avons voulu seulement rappeler que, dans cette expression populaire et consacrée de liberté de conscience, la conscience a la signification de conscience morale, laquelle est fondée, suivant nous, sur l'identité de ia conscience avec notre fin, notre bien et notre loi.
Assise sur ce fondement, la morale peut braver