‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 130 sur 377 · Acta conciliorum, t. IX, col · texte numérisé non relu

Acta conciliorum, t. IX, col

Là PUCÈLLE DEVANT L'ÉGLISE DE SON TEMPS.

si profondes blessures. Leurs ambassadeurs à Bâle ne voulurent pas assister à la séance.

La plupart des évêques ne le voulurent pas non plus ; le pseudo-cardinal archevêque d’Arles les avait fait remplacer, en mettant à leurs places les châsses des saints. La prétendue sentence fut rendue par environ 400 clercs, ou, comme les appelait le Panormitain, gribouilleurs de papiers, pédagogues . Il n’y avait que sept ou huit évêques ayant des diocèses. Les 20 mitres qui se trouvaient à la séance étaient la plupart sur la tète d’abbés, d’évèques in partibus, ou de création du pseudo-concile. L’histoire assigne les causes particulières qui avaient retenu à Bâle les évêques qui y étaient restés; et ces causes n’ont rien d’apostolique.

Que l’Université de Paris ait inspiré ce suprême attentat, ce sont ses historiens qui le disent. Crevier parlant des discussions qui amenèrent la prétendue déposition d’Eugène écrit : « Les docteurs de Paris étaient bien décidés pour ce parti et singulièrement Thomas Courcelles, théologien aussi recommandable par sa piété que par son profond savoir. Ce docteur parla avec une très grande force, dans le concile en faveur des articles (qu’Eugène était hérétique)1, et encore : « Nicolas Lami, aussi théologien de Paris, fit un personnage dans cette même querelle. Il entre en lice contre le célèbre Panormitain (Tudeschi, archevêque de Palerme), excellent jurisconsulte, si ses variations ne les décréditaient pas... Nicolas Lami appela de l’opposition du Panormitain au concile même2. »

Il fallait pourtant donner un Pape à l’Église, quoique les rebelles en usurpassent toutes les fonctions; mais si l’époque de Luther approchait, les peuples n’étaient pas encore mûrs pour voir une Église sans Pape. La situation était embarrassante. Non seulement les princes protestaient; mais l’assemblée schismatique était dénuée de tous les éléments nécessaires pour faire un Pape. L’archevêque d’Arles était le seul qui prît le titre de cardinal, et il le faisait illégalement. Pour sortir de la difficulté, il fut arrêté que l’on déléguerait à trois membres de l’assemblée le droit de nommer trente-trois électeurs du futur Pontife. Le choix tomba sur trois simples prêtres, parmi lesquels Courcelles. L’élection du chef de l’Église étant l’acte le plus élevé du cardinalat, ces trois prêtres se trouvaient investis équivalemment du droit de créer des cardinaux. Le conclave ainsi composé compta trois docteurs de l’Université de Paris; et l’on y devine Courcelles.

Le lieu où il se réunit fut aussi burlesque que le choix qu’il allait faire. Une salle de bal fut appropriée pour recevoir les électeurs. La loi des clercs et gens en ce connaissant formant l’Église fut appliquée jusque

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