‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 132 sur 377 · Ibi'1., p · texte numérisé non relu

Ibi'1., p

LÀ Pl'CELLE DEVANT L’ÉGLISE DE SON TEMPS.

en France, soit en Allemagne, sans qu’elle y fût invitée. Il parait que finalement elle se conforma au plan de son roi adhérant au concile de Bàle, et néanmoins reconnaissant Eugène pour souverain pontife1. »

Charles VII, en effet, reçut des décrets de Bàle ceux qui favorisaient l’omnipotence royale et mettaient dans une immense mesure l’épouse de Jésus-Christ, l’Église, sous sa main. Cette révolution qui devait en amener tant d’autres reçut son expression dans la trop fameuse Pragmatique Sanction de Bourges. De nombreuses provinces, la Bretagne, la Provence, refusèrent d’y adhérer; la suite de ce travail nous montrera parmi ceux qui la combattirent avec plus de fermeté plusieurs des défenseurs de la mémoire de Jeanne. L’Université au contraire et les parlements s’y attachèrent comme au premier des articles de leur foi.

L’Université qui a opposé à la Papauté le prétendu concile de Bàle ne professait pour l’assemblée, dont elle était l ame, qu’un respect tout à fait relatif. Si elle lui reconnaissait le pouvoir de dépouiller la Papauté de ses privilèges divins, elle ne supportait pas qu elle mît simplement en discussion ceux dont elle se disait en possession. Voici, toujours d’après Crevier, comment elle lui intimait ses volontés, dans une lettre dont l’historien nous donne la traduction :

« Nous vous signifions, écrit-elle aux pères de Bàle, que notre intention n’est pas que nos privilèges soient soumis à aucune discussion, devant quelque juge que ce puisse êthe ; en quelque lieu que nos causes soient portées, nous voulons que nos privilèges soient supposés et reconnus pour des principes avoués; parce que, d’une part, ils sont fondés sur le droit commun, et que de l’autre, leur exercice constant et notoire de toute antiquité fait prescription et vaut titre2. » Que le lecteur juge si l’on calomnie les clercs et yens en ce connaissant du cimetière de Saint- Ouen, en leur attribuant la prétention d’être dans l’Église de Dieu la suprême et souveraine autorité. Ces privilèges quelle déclarait hors de toute discussion, Charles VII leur porta un coup aussi profond que bien mérité. Trois siècles après, le grand historien-panégyriste de l’Université, du Boulay, consacre un chapitre entier aux doléances que ce souvenir lui arrache3. Elle avait le privilège de n’être jugée que par le roi en personne et jusque-là les monarques setaient montrés à son égard bons jusqu’à la faiblesse. Charles VII refusa d’entrer désormais personnellement dans le détail de ses querelles, et par une ordonnance du 25 mars 1445 statua que ses causes seraient portées au Parlement, comme les causes des simples particuliers; blessure profonde qui faisait

Page 1