VI. — Autre signe
« Le premier et principal effort des ennemis de Jeanne se porta sur ses révélations. On voulut la convaincre par ses aveux d’avoir criminellement simulé les apparitions des anges, de sainte Catherine et de sainte Marguerite ; de leur avoir attribué la révélation d’événements futurs, cherchée par elle dans une divination superstitieuse. Ces sortes de révélations, d’après eux, venaient moins des bons que des mauvais esprits. Ils ont détourné de leur sens les actes et les paroles de la jeune fille, de manière à en faire un sujet d’ignominie pour le roi, en faveur duquel elle combattait. Mais, sauf jugement de plus doctes, les paroles de la Pucelle et sa vie prouvent quon est bien plus fondé à attribuer ses révélations aux anges bons, qu’aux anges mauvais.
« Remarquons cependant, pour l’intelligence de ce qui va être dit, qu’humainement parlant, il n’est pas possible de donner une règle générale, constante, infaillible, pour distinguer les révélations vraies de celles qui sont fausses ou illusoires...
« Présupposés les enseignements de la foi, comment nous, lidèles, pourrons-nous connaître, et selon le conseil de saint Jean, éprouver si les esprits viennent de Dieu? Comment le pourrons-nous en particulier au sujet des apparitions et des révélations que nous savons avoir été faites dans notre siècle à Jeanne dite la Pucelle?