‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 18 sur 377 · I. Fond latin nouveau, n° 10,018, f · texte numérisé non relu

I. Fond latin nouveau, n° 10,018, f

LA FICELLE DEVANT L'ÉGLISE DE SON TEMPS

ville distante de Domrémy seulement de seize kilomètres; Bertrand de Poulengy, l’un des guides, atteste avoir été plusieurs fois à Domrémy, et avoir visité les parents de la jeune fille * ; un courrier parti de Chinon le 9 mars aurait pu être de retour à Poitiers, avant la fin de l’examen auquel l’enfant fut soumise.

Quels sont les prodiges qui avaient signalé la naissance et la vie de Jeanne? Perceval de Boulainvilliers, l’un des grands personnages de la cour de Charles VII, les racontait au duc de Milan deux mois après, dans une charmante lettre rapportée ailleurs *. Le prétendu bourgeois de Paris, dans une chronique qui sera appréciée plus loin, rapporte comme des bruits auxquels il ne croit pas, que lorsque Jeanne était bien petite , les oiseaux des bois et des champs, quand elle les appelait, venaient manger son pain dans son giron comme privés 9. Rien d’étonnant. Combien de saints dont l’enfance, ou la venue à la lumière, a été marquée par des prodiges ! Dieu désigne par là à l’attention du monde ceux dont il veut faire des instruments privilégiés de ses grandes œuvres.

Tel est le premier moyen, celui par lequel la prudence hamaine peut discerner les envoyés du ciel ; il était en faveur de Jeanne. Le second est un miracle, un signe du ciel. Jeanne l’avait donné, mais à Charles seulement, dans le fameux entretien des secrets. Les docteurs de Poitiers ne pouvaient pas y faire allusion dans un écrit public, sans exciter au plus haut degré une curiosité que ni la Pucellc ni Charles VII ne pouvaient satisfaire. Jeanne avait même juré de ne jamais en rien dire. Voilà pourquoi ils ne parlaient que du signe à venir, promis par la Pucelle devant Orléans : c’était l’introduction dans la ville assiégée d’un grand convoi de vivres, sous les regards des assiégeants. Ce qui fut accompli quelques jours après.

Le roi doit mettre la jeune fille en état de réaliser sa promesse, et la faire conduire honnêtement : recommandation fidèlement exécutée. Charles VII constitua à Jeanne une digne suite. A la tête de son hôtel, il plaça un chevalier en grand renom de prud’hommie, Jean d’Aulon, qui remplit délicatement ses fonctions, et, au procès de réhabilitation, fit une déposition pleine d’intérêt.

D’après les docteurs, non seulement le roi peut mettre Jeanne à l’œuvre, il le doit sous peine de répugner au Saint-Esprit et de se rendre indigne de la grâce de Dieu. Sa responsabilité se trouvait donc parfaitement couverte, et les lettres de créance de Jeanne étaient bien et dûment contre-signées.

La naissance et les dix-sept premières années de la bergère sont mu-

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