‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 17 sur 377 · Procès y t. III, p · texte numérisé non relu

Procès y t. III, p

3. Jeanne d'Arc à Domrémy , par M. Siméon Luce, XXII, p. 73, supp. V, 286, 287.

LES DOCTEURS ET LA SENTENCE DE POITIERS

jouir le lieu béni, même à Domrémy, et suffit à expliquer un fait longtemps rejeté comme invraisemblable1.

Les docteurs de Poitiers étaient donc bien fondés à dire : considérées les continues prières du pauvre peuple envers Dieu et autres amants paix et justice. La suite nous montrera de nouvelles preuves de ce mouvement de supplications, auquel se joignait avec tant de ferveur la vierge libératrice. Ils disent que l’on ne doit pas dédaigner ce secours, alors même qu’il est promis pour œuvres purement humaines. C’est, pensons-nous, le vrai texte, quoique il soit différent dans la reproduction de Thomassin. Une objection souvent mise en avant par les contradicteurs de Jeanne, c’est que Dieu, dans la nouvelle loi, ne fait pas des miracles pour accorder des faveurs de l’ordre purement temporel. Les juges de Poitiers n’admettent pas cette assertion, qui sera plus longuement réfutée dans des documents subséquents.

La jeune fille est-elle le secours miraculeux que, dans l’état désespéré des choses, les supplications du pauvre peuple permettent d’attendre? Il serait aussi imprudent de le croire à la légère que de le nier de parti pris et sans examen. D’après l’Écriture, le discernement d’un envoyé extraordinaire du ciel ne se fait que par le concours de la prudence humaine, et du ciel lui-même, qui, par un signe merveilleux, doit le marquer aux yeux des hommes.

Les règles de la prudence humaine ont été scrupuleusement gardées. Toutes sortes de regards ont suivi la jeune fille en public, et en secret. Une allusion voilée indique jusqu’à la délicate inspection, par laquelle de sages matrones constatèrent par deux fois de pudiques secrets. Des informations ont été prises sur la naissance et sur la vie de la jeune fille aux frontières de Lorraine. Rien de plus favorable que les résultats de ces observations. Pas l’ombre de mal, mais tout bien : Y humilité, sans laquelle les vertus chrétiennes ne sont qu’apparentes ; la virginité , le plus beau rayonnement de ces vertus ; la dévotion , ou le commerce habituel avec Dieu, et par suite le canal de la grâce; V honnêteté, la juste mesure en toutes choses, avec un éclat tempéré qui fait dire : c’est bien, bene omnia fecit ; simplesse , rien n’accuse en elle autre chose que l’intention d’accomplir le devoir, sans vain retour sur elle-même.

De sa naissance et de sa vie , plusieurs choses sont dites comme vraies . Des enquêtes avaient été donc faites au lieu d’origine. Le temps n’avait pas manqué à Baudricourt, depuis le milieu du mois de mai 1428, où Jeanne s’était présentée devant lui, jusqu’au 23 février 1429, époque de son départ de Vaucouleurs. Elle avait séjourné plusieurs semaines dans cette

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