‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 187 sur 377 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

JEANNE, DANS CE QU’ELLE DISAIT ÊTRE DE SA MISSION, ÉTAIT CONDUITE PAR UN ESPRIT SURHUMAIN

Sommaire : Sept preuves de l’assertion. — Avoir conçu pareil dessein. — Y avoir persévéré. — Avoir surmonté les difficultés de son long voyage. — Avoir obtenu l’assentiment du roi, de son conseil, des docteurs, des hommes d’armes, le concours spontané du parti national. — Son habileté dans l’art militaire; l'effroi inspiré aux ennemis, le courage inspiré aux siens. — Ses prophéties. — L’inspiration dont témoignent ses réponses à Rouen.

Je base cette assertion sur sept considérations, dit Berruyer, que je traduis, en m’abstenant de guillemetter.

LA SEULE PENSÉE DE L’ENTREPRISE SI ARDUE POUR LAQUELLE ELLE DISAIT AVOIR MISSION.

Qui oserait dire qu’une jeune fille de 13 ans, non mariée, de la dernière simplicité, née dans la plus infime condition, gardant les troupeaux, a pu d’elle-même concevoir un dessein si difficile, si au-dessus des pensées et de l’attente de tous, le dessein d’aller trouver le roi, de se donner comme envoyée pour délivrer le royaume de ses calamités, mettre les Anglais en fuite, faire lever le siège d’Orléans, faire couronner le roi à Reims, et le remettre en possession de son royaume? Les jeunes adolescentes sont, par nature, simples, timides, craintives, alors surtout qu’elles sont pauvres et élevées à la campagne. La pensée d’une pareille entreprise semble donc inspirée par un principe supérieur à l’homme.

LA PUCELLE DEVANT L’ÉGLISE DE SON TEMPS

LA FERME ET DIVINE CONSTANCE AVEC LAQUELLE ELLE A PERSISTÉ DANS SON DESSEIN.

Elle a été moquée par ceux auxquels elle s’en est ouverte. Ils se sont efforcés de la détourner de ses fantastiques imaginations. Elle ne s’est pas rendue ; elle a persévéré inébranlablement dans son dessein ; ce qui nous autorise à croire que ce dessein venait non de l’homme, mais d’un esprit supérieur à l’homme, conformément à la parole que Gamaliel disait des Apôtres : Ne vous mêlez pas de ces hommes , laissez-les; si leur dessein vient de V homme , il tombera de lui-même ; s'il vient de Dieu , vous n'arriverez pas à l'anéantir ; et vous courez le risque de vous en prendre à Dieu même (Act., V).

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