CE QUI SE PASSA A CHINON ET A POITIERS
Les prélats, les hommes versés dans l’un et l’autre droit, l’examinent durant trois semaines à Poitiers et à Chinon; et voilà qu’elle emporte l’assentiment du roi, des docteurs, du conseil du roi, bien plus, des hommes d’armes de la partie du royaume soumise au roi. Avoir fait croire ainsi à sa parole ne semble pas un fait humain. Pour accepter les promesses d’une telle adolescente, il a fallu l’action d’un esprit supérieur à l’homme, l’action de l’esprit qui inspirait l’enfant. Que l’on considère qu’elle était de très basse condition, fort pauvre; et en dehors de ce qui touchait à sa mission, d’une simplicité voisine, assure-t-on, de l’imbécillité1; et ce pour-
4. « Cum ilia abjecta et pauperrima esset, et in his quæ extra ea ad quæ se missam dicebat, ut fertur, penè idiota appareret. »