‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 240 sur 377 · BRÉUAL. — GRANDE VICTOIRE DE JEANNE · texte numérisé non relu

BRÉUAL. — GRANDE VICTOIRE DE JEANNE

Liant depuis longtemps de solliciter d’elle; mais dans un sens captieux, ainsi qu’on est en droit de le conclure évidemment.

« C’est donc avec raison que la Pucelle a adhéré aux esprits; leurs promesses se sont réalisées; Jeanne a été vraiment délivrée de la prison de son corps par le martyre et par grande victoire, la victoire de la patience.

« Après avoir reçu avec la plus grande dévotion les sacrements de Pénitence et d’Eucharistie, on l’entendit acclamer sans interruption le nom de Jésus, invoquer longuement les saints et les saintes de Dieu; on la vit embrasser la croix, la couvrir de ses baisers avec la piété la plus expressive ; pardonner à tous ceux qui, gratuitement, l’avaient plongée dans tant de maux ; implorer très humblement le pardon de tous ceux qu’elle aurait pu offenser. Enfin elle rendit l’esprit au milieu des ardeurs du brasier, en lançant au ciel dans un dernier grand cri le nom du Sauveur.

« Voici ce qu’assure à sa gloire une constante renommée. Près de vingt mille assistants étaient présents à son trépas. Il fut si pieux, si catholique, si fervent, qu’il arracha les larmes et les sanglots de tous, même des Anglais ses ennemis.

« Il en est qui rapportèrent avoir vu le nom de Jésus écrit en lettres d’or au milieu des flammes; d’autres avoir vu, au moment de son dernier soupir, une colombe sortir du milieu des feux du bûcher. Des Anglais, auparavant ses acharnés et barbares ennemis, forcés par l’évidence, avouaient publiquement qu’avoir condamné à mort une si bonne et si innocente personne, était une iniquité et une indignité. On publie bien des choses semblables. L’on ne doit pas, à notre avis, en faire peu de cas. On ne les trouvera pas ici, parce qu’on peut facilement les voir ailleurs.

« Ainsi c’est manifeste : la fin répond au commencement. Si Jeanne avait été remplie et trompée par les esprits de malice, il est à peine croyable, ou mieux il est incroyable qu’elle eût fait une fin si catholique, car, selon le philosophe, ce qu’a été la vie, la fin le manifeste1. C’est vrai

i . « Merito eis spiritibusadhærere debuit, quoniam, sicut promiserant, verè Johanna per martyrium et magnam patientiæ victoriam, à corporis ergastulo liberata fuit. Nam susceptis devotissimè Pœnitentiæ et Eucharistiæ sacramentis, nomen Jesu continué acelamando, sanctos Dei et sanctas longo tractu invocando, signaculum crucis summa cum pietate amplexando et osculando, universis qui sibi mala intulerant gratis veniam condonando,et ab universis de sud parte, si quibus intulerat, humillimè implorando, tandem ad extremum, Salvatoris nomen cum clamore inter flammarum æstum vociferans emisit spiritum. Asseritur verô celebri et gloriosà famà exitum ejus adeo pium,

528 LA PUCELLE DEVANT L'ÉGLISE DE SON TEMPS

surtout pour ceux que le diable a trompés ou égarés par ses prestiges, ou par la divination. Il les fait mal finir, pour les précipiter dans l'éternelle damnation. C’est ce qu’enseigne saint Augustin, dans un passage cité dans le canon nec mirum (caus. XXVI, q. V).

« Voilà ce que, selon notre petite capacité, il nous a paru bon de dire sur le fond du procès. Nous soumettons humblement l’ensemble et chacune de nos observations à la correction du Pape notre Seigneur, et de l’Église universelle; et encore, au charitable amendement de quiconque en jugera plus sainement.

« Ici finit la première partie de cette pauvre consultation. »

catholicum devotumque fuisse, ut adstantes numéro ferè viginti millium omnes ad

lacrymas et planctum compassionis, etiam Anglicos hostes, provocaverit Patet

itaque, quoniam, juxtà sapientem Catonem, correspondent ultima primis; id est, si malignis spiritibus agitata delusaque fuisset, vix nunquamve hujuscemodi catholicus finis intercessisset. >*

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