‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 249 sur 377 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LA PRISON ET LES GARDES (folio clxxxxii v°-clxxxxiii r°).

Sommaire : 1. — Les prisons assignées à Jeanne réprouvées par la loi civile, par la nature de la cause, par la loi ecclésiastique. — Plus réprouvés encore les traitements que la prisonnière y a subis. — Par suite nullité de ses aveux.

II. — Les gardes étaient le contraire de ce que demande le droit cànon. — L’on ne les a pas soumis aux prescriptions canoniques. — Leurs excès connus de l’évêque qui n'y a pas remédié.

D’après ce qui a été dit, on a pu voir que la prison dans laquelle Jeanne fut détenue, durant le long espace de ce semblant de procès, n était pas celle que prescrit le droit.

Jeanne devait avoir une prison d’une autre espèce, parce qu elle était femme et femme encore jeune. Il est dit dans la loi civile : Qu’aucune femme ne soit mise en prison, ni pour une cause civile, ni pour une cause criminelle ; qu’on n’en confie pas la garde à des hommes, crainte d’attentat à sa chasteté, fût-elle accusée des crimes les plus graves; qu’on la renferme dans un monastère ou maison religieuse, ou qu’on la mette sous la garde d’autres femmes, jusqu’à ce que la cause soit entièrement vidée, (in Authentica de novo jure , c. de custvdia et exhibitione reoi'um). Il est défendu Je mettre dans une même prison des détenus des deux sexes (lib. III, de custodia reorum). C’est indécent et périlleux.

La nature de la cause exigeait encore une autre prison. Il était très inconvenant que Jeanne fût renfermée dans une prison séculière, sale, obscure, barbare, une prison privée, réservée aux ennemis pris à la guerre; car il ne faut pas oublier que cet évêque feignait de faire un procès en matière de Foi et pour crime d’hérésie. C’est un crime qui relève entièrement du for ecclésiastique (c. ut Inquisitionis § prohibemus de hæreticis , VI° l’accusée ne devait donc pas être renfermée dans une prison séculière, profane, alors surtout qu'il y avait à Rouen des prisons ecclésiastiques dans des conditions bien régulières ; que le dit évêque en avait fait la

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