‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 264 sur 377 · BRÉHAL. — INIQUITÉ, VICES DE L'ABJURATION PRÉTENDUE · texte numérisé non relu

BRÉHAL. — INIQUITÉ, VICES DE L'ABJURATION PRÉTENDUE

peur du feu. Elle a répété plusieurs fois publiquement cette parole, ainsi que cela résulte des actes du procès (p. 456-458).

Quelques jours avant, comme on étalait sous ses yeux les instruments de torture, en la menaçant de les lui appliquer, elle répondit avec sincérité : Si vous deviez me disloquer les membres, faire sortir mon âme de mon corps , je ne vous dirais pas autre chose , et elle ajouta : Si je vous disais autrement, je protesterais à la suite que c'est la violence qui m'a fait parler . Cette protestation faite par avance est censée durer pendant le reste du procès, ainsi que cela est exprimé dans le canon Lotharius, (causa XXXI, q. il). On y cite expressément le cas de la reine Thetberge. Contrainte de se justifier, elle fit contre une faiblesse possible une protestation anticipée et dit : « Si vous continuez à me violenter, vous ne saurez pas la vérité ; la crainte de la mort et le désir de me tirer de vos mains feront que je dirai ce que vous voudrez. »

Bréhal entasse ici, à son ordinaire, les citations de toute nature pour définir et montrer que la crainte ne prouve rien contre celui qui la subit injustement. Il termine par ce passage d’Alexandre III (si sacerdotibus , XV, q.Vl) : L’aveu doit être spontané et non arraché par violence. Tout aveu arraché par la nécessité cesse de faire foi. Il est souverainement détestable de juger quelqu’un sur un simple soupçon ou sur un aveu extorqué ; et le pontife continue : Des écrits extorqués, de quelque manière que ce soit, par la crainte, par l’artifice, par la violence... ne doivent nuire ou préjudicier en rien à celui qui les a signés ; il ne doit en résulter contre lui ni infamie, ni inculpation.

Il faut ajouter qu’il en faut moins pour effrayer une femme que pour effrayer un homme (c. cum locum de sponsalibus, ar. c. indignantur, XXXII, q. VI).

La conclusion, c’est que cette rétractation n’est pas seulement nulle, elle est inique. Elle est atteinte de tout ce qui peut la vicier, la fraude, la violence, la crainte, trois choses que les canons mettent sur le même rang, ainsi que le remarque l’archidiacre sur le mot non indu chapitre quamvis (de partis, VI, ar . ad hoc , c. reintegrandum, III, q. 1).

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