BRÉHAL. — INDIGNITÉ DES PRÊCHEURS ET DES PRÉDICATEURS
les liens du sang unissent au roi des Français. Mais tout leur souci était d’exterminer Jeanne, et de voir notre roi diffamé au gré et selon le vouloir de ceux qui parlaient.
Bornons-nous aux prédicateurs : l’acte de la prédication est le principal dans l’Église (cum ex injuncto,de hæreticis). Son unique but est le bien des âmes et l’honneur de Dieu (nisi cum pridem , de renunciatione). Le prédicateur ne doit prêcher que des choses divines, vraies, utiles, édifiantes, et cela avec modération; c’est-à-dire qu’en corrigeant les vices, il doit s’abstenir de ce qui serait personnel. Il ne doit y avoir dans sa parole rien de désordonné, rien d’indiscret (c. sit rector , dist. XLIII). Il s’expose sans cela à de graves et justes châtiments, car il est écrit : Il en cuira de parler indis crhtement (Prov., XEU).
Il y a donc grandement lieu de s’étonner de la témérité, ou mieux de l’emportement effréné, avec lequel, dans un acte qui requérait tant de gravité, en présence d’une si haute et si nombreuse assemblée, ces prédicateurs ont osé blasphémer la Majesté royale par une si exécrable injure, alors qu’il est écrit : Vous ne maudirez pas le prince de votre peuple (Num.,XXII) et encore: Vous ne rabaisserez pas le roi dans votre pensée (Eccl., X). Que s’il est interdit de rabaisser la Majesté royale dans sa pensée, combien plus de lui infliger un outrage sacrilège en présence de la multitude... Pour en finir, il y a là un vice encore plus énorme qu’il n’est patent.