‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 290 sur 377 · Ibid. y p · texte numérisé non relu

Ibid. y p

3. Voir dans sa quatrième déposition, t. III, p. 142-145, ce qui a rapport à ce capital incident.

APERÇU DE LA PROCÉDURE SUIVIE PAR LES DÉLÉGUÉS

dénaturaient les réponses de l’accusée, et qu’il a refusé l’imposture de leurs minutes1. Il avait conservé et les minutes des audiences, et certaines pièces compromettantes pour lui qu’il aurait pu, ce semble, faire disparaître depuis cinq ans que Charles VII avait entrepris de faire revoir le procès. Malgré quelques défaillances coupables, il a rendu en somme de grands services dans le double procès de condamnation et de réhabilitation ; il a eu assez d’honnêteté pour préserver l’héroïne d’un complet travestissement auprès de la postérité.

Ce ne fut pas la seule pièce révélatrice. L’on trouva les lettres de garantie par lesquelles la couronue d’Angleterre prenait sous sa protection et sa sauvegarde tous ceux qui à un titre quelconque étaient intervenus au procès de condamnation. Le roi d’Angleterre, comme on l’a vu, s’engageait à employer toute sa puissance pour les protéger contre quelque autorité que ce fût, nommément contre le Pape ou le concile général. Les frais occasionnés seraient à sa charge2.

La nullité des actes posthumes ajoutés à l’instrument fut pleinement révélée; non seulement ils ne portaient la signature d’aucun officier public, mais ces mêmes officiers déclaraient l’avoir formellement refusée. Bréhal nous a dit ce qu’il fallait en penser. Quel noir génie ennemi de la plus pure de nos gloires fait donc puiser tant d’historiens à cette source infecte, et leur fait calomnieusement répéter que la Pucelle s’est rétractée le matin même de son martyre? Il n’y aura donc jamais sur la terre une heure sans criante injustice pour la restauratrice de la France! Faudra-t-il toujours s’écrier avec Pasquier : Grand pitié , jamais personne ne secourut la France si à propos et si heureusement que cette pucelle , et jamais mémoire de femme ne fut plus déchirée3. Ce ne sera pas la moindre gloire de notre âge, espérons-le, de bannir de l’histoire ces iniques assertions, et de les faire retomber sur ceux qui s’en feraient encore les échos.

Intenter un procès en matière de foi sans soupçon fondé et juridique, c’est pour l’Inquisiteur la peine d’excommunication ipso facto , pour l’évêque peine de suspense et d’interdit; c’est par le fait même la nullité du procès. Ainsi le veut le droit ecclésiastique. Cauchon, un ancien professeur de décret, le savait fort bien. Voilà pourquoi, après la prise de la Pucelle, il fit faire une enquête au lieu d’origine. L’on a vu qu’elle fut si favorable, que le notable personnage qui l’apporta disait qu’il voudrait savoir sur le compte de sa sœur tout ce qui avait été recueilli sur Jeanne. Cauchon fut si outré de colère qu’il congédia le porteur, sans indemnité pour ses frais de voyage. Cependant il affirme au procès que l’enquête

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