‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 32 sur 377 · Procès , t. III, p · texte numérisé non relu

Procès , t. III, p

LA PUCELLE DEVANT L’ÉGLISE DE SON TEMPS

î « On la donne comme ayant toujours vécu dans la chasteté, la sobriété, la continence et la piété, prohibant les massacres, les rapines et toute violence contre ceux qui veulent se ranger sous l’obéissance légitime.

« Aussi, à la suite de semblables merveilles, les villes les plus fortes, les châteaux se soumettent au fils du roi et lui promettent fidélité.

« Si ces faits sont vrais, plusieurs questions se posent et sollicitent pour leur élucidation les lumières des doctes, ainsi par exemple :

« La Pucelle appartient-elle à notre nature, ou serait-ce un personnage supérieur qui en a revêtu les dehors et les apparences ?

« Ce qu’elle fait peut-il être expliqué humainement, ou faut-il y voir la présence d’un agent supérieur?

« Dans cette dernière hypothèse, cet agent est-il bon, est-il mauvais?

« Quelle foi ajouter à ses paroles? Ses œuvres doivent-elles être louées « comme divines, ou réprouvées comme démoniaques et séductrices ?

^ « Ce^questions divisent les esprits; c’est pour fournir aux deux

solutions des arguments tirés des saints livres, que cet écrit a été com- ^ posé. Il ne décide rien, il rapproche, et sans résoudre le problème, il met en face les raisons des deux partis, provoquant de plus doctes à une intelligence plus approfondie de la matière,

« Que l’on se rappelle cependant que pour bien asseoir une opinion il faut être fixé sur la conduite, les paroles, les œuvres et la vie de cette jeune fille, l’avoir observée tant en particulier qu’en public, sans négliger aucune circonstance de [son existence. Il faut savoir aussi si l’événement a toujours été conforme à ses révélations et à ses prédictions.

« Dans les assertions qui vont^uivre, je suppose la vérité de ce que la | renommée a publié dans nos contrées, d’après le témoignage de plusieurs I hommes dignes de foi.

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