‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 31 sur 377 · Trithemii opéra, Francfort, 1. 1, p. 158 et · texte numérisé non relu

Trithemii opéra, Francfort, 1. 1, p. 158 et

HENRI DE GORKI’ M ET SON ÉCRIT SUR LA Pl’CELLE.

Si Henri de Gorkum jetait tout son éclat en 1460, il devait, en 1429, être seulement au début de sa carrière de savant.

Son écrit sur Jeanne d’Arc est daté du mois de juin 1429, encore avant le sacre. Il se compose de trois parties. Dans la première, Fauteur expose ce que la renommée publiait à Cologne de la vierge française, et il indique le but de son œuvre. Ce n’est pas de décider quel esprit anime la Pucelle, c’est de formuler un certain nombre de propositions et de raisons que l’on peut alléguer pour ou contre elle. Dans la seconde partie il avance les propositions qui militent en faveur de la jeune fille. Dans la troisième, celles que l’on peut leur opposer.

Je traduis sur le texte édité par Quicherat1.

« A la gloire de la bénite Trinité, de la glorieuse et toujours Vierge Mère de Dieu, et de toute la cour céleste.

« Le Seigneur ma prise à la suite des troupeaux, et il nia dit : Va, et prophétise auprès de mon peuple d’Israël (Amos, vii, 15). Peuple d’Israël est un nom qui, au sens spirituel, peut convenablement être appliqué au peuple de France; il est notoire que la foi et la pratique du christianisme ont toujours fleuri dans son sein.

« Le fils du roi de ce peuple a été abordé par une adolescente, fille d’un berger, et qui elle-même, dit-on, avait gardé les troupeaux. Elle se dit envoyée de Dieu pour ramener le royaume à l’obéissance de ce prince.

« Pour ne pas paraître téméraire dans ses promesses, elle les confirme par des signes surnaturels, tels que lire dans le fond des cœurs, annoncer des événements futurs et contingents.

« On dit qu’elle porte les cheveux courts à la manière des hommes, j Voulant accomplir les actes de la vie guerrière, elle prend les vêtements et l’armure des guerriers et monte ainsi à cheval.

« A cheval, son étendard en mains, elle se montre d’une habileté merveilleuse pour disposer en capitaine consommé de l’armée qu’elle commande. Dès lors aussi, ses soldats sont enflammés de courage, tandis que la frayeur s’empare de ses ennemis, comme s’ils étaient dénués de force.

« Descendue de cheval, reprenant son costume ordinaire, elle devient la simplicité même; on dirait un innocent agneau, tant elle est étrangère aux affaires du siècle.

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