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Recherches sur le procès de condamnation, p

LA PUCELLE DEVANT L'ÉGLISE DE SON TEMPS

envahisseurs. Rien en France n’était aussi anglais que la célèbre corporation, je veux dire ceux de ses membres, — et c’était le plus grand nombre, — qui étaient restés à Paris après le traité de Troyes. Il est temps que justice soit faite; l’Université ne fut pas tyrannisée, comme on le lit dans bien des livres ; elle couvrit d’un voile sacrilège, parce qu’il était saint, la satisfaction de sa vengeance contre celle dont la mission divine condamnait son passé. Odieux le rôle des Anglais, beaucoup plus odieux celui des théologiens prévaricateurs, traîtres à leur pays; mais, il faut se hâter de l’ajouter, bien plus ennemis des prérogatives de la Chaire Apostolique, en révolte contre la chaire de Pierre, et par suite animés d’un esprit anti-catholique.

Aucun excès n’a droit de nous surprendre de leur part. La sauvegarde de la théologie catholique, c’est la docilité envers le gardien indéfectible des enseignements divins, envers le dépositaire suprême des dons apportés au monde par Jésus-Christ. Le maître veut que nous apprenions de lui qu’il fut doux et humble de cœur; l’obéissance à son vicaire est le premier acte de cette vertu, surtout chez le théologien. Il s’égarera profondément sans cette disposition : alors même qu’il enseignera la lettre de la doctrine, il en faussera l’esprit, selon cette parole de saint Jérôme qui fut et doit être un axiome dans l’Église : Les hérétiques n'ont pas l'évangile de Dieu parce qu'ils n'ont pas le Saint-Esprit , sans lequel l'Evangile que V on enseigne n'est plus qu'une parole humaine l.

Oui, l’Université de Paris a condamné la libératrice de la France ; mais c’est lorsque, depuis cinquante ans, parla prolongation du grand schisme, elle s’efforçait d’annuler et par suite de faire disparaître la libératrice du genre humain, la Papauté. L’épouvantable déchirement venait à peine de finir : Martin V cicatrisait les plaies de l’Église; et l’Université, tout en allumant le bûcher de Rouen, se disposait à recommencer la scission, à donner une plus vive recrudescence à des blessures mal fermées. Elle a livré au pouvoir séculier la miraculeuse apparition du Christ-roi qui est la Pucelle; c’eut été le sort du vicaire de Jésus-Christ, d’Eugène IV, si on avait exécuté les décisions qu’elle inspirait. Impossible de calculer les maux qu’ont attirés sur le monde le Grand Schisme, les scènes de Constance et de Bâle. L’université de Paris y joue le grand rôle, et y a pris la plus large part.

Rien de plus important que de mettre en lumière un point si capital. A l’impiété qui répète : l’Église a brûlé la Pucelle, nous sommes en droit de répondre qu’elle ment et calomnie ; qu’elle impute à l’Église l’œuvre de ses propres précurseurs, de ceux qui lui ont ouvert la voie

1. Hærcticorum pestes non habent Dci evangelium , quia non habent Spiritum Sanctum , sinequo humanum fil evangelium quod docetur . Corpus juris II, p. dec. c. I, q. c. LXIV.

LES PSEUDO-THÉOLOGIENS ENNEMIS DE JEANNE, ENNEMIS DE LA PAPAUTÉ. 89

par laquelle elle s’est ruée sur l’Europe. Pour rendre cette assertion indiscutable, il est nécessaire de faire connaître l’attitude dans l’Église et dans l’Etat, affectée depuis un demi-siècle par l’Université; d’exposer ce qu’elle a osé contre Rome au lendemain du supplice de Rouen ; c’est la raison des deux premiers chapitres de ce second livre, et de celui qui le terminera.

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