CHAPITRE PREMIER
Sommaire : I. — Idée que l’Université de Paris se faisait d’elle-même. — Son rôle prépondérant dans l’affaire du Grand Schisme. — Sous l’anti-pape Clément VII. — L’incohérence de sa conduite sous l’anti-pape Benoit XIII. — Soustraction, reprise, nouvelle soustraction d’obéissance. — Combattue par l’Université de Toulouse. — Avec quelle tyrannie elle s’impose. — Avanies infligées aux députés de Benoît. — Ce qui devait s’en suivre.
II. — Part de l’Université dans le concile de Pise, funeste résultat; en révolte contre le Pape de son choix.
III. — Indépendance et organisation démocratique de l’Université de Paris. — Sa puissance et sa décadence. — Elle veut modeler le gouvernement de l’Église sur son propre gouvernement. — Propositions révolutionnaires de ses grands docteurs. — Sa néfaste influence au concile de Constance. — Coupable des suites du Grand Schisme.
Gerson chargé de faire entendre à Charles VI une de ces remontrances publiques, dont l’Université se montra prodigue envers le roi dément, commençait ainsi sa pédantesque harangue : Vivat rex, vivat rex, vivat rex, qu il vive corporellement, spirituellement , civilement, perdurablement, raisonnablement . Ci offre et propose cette belle salutation la fille du roi , LA MÈRE DES ÉTUDES, LE BEAU CLAIR SOLEIL DE FRANCE, VOIRE MÊME DE TOUTE LA
chrétienté, /’ université de Paris de par laquelle nous sommes ici envoyés \ Beau clair soleil de France , voire même de la chrétienté, le chancelier n’outrait pas l’idée que se faisait d’elle-même la corporation, dont il était l’organe. Fière des éloges, des privilèges dont l’avaient comblée les Papes et les rois, des grands hommes sortis de son sein, aux jours où seule ou presque seule elle distribuait le haut enseignement dans l’Occident, elle avait fini par se regarder comme le soleil devant lequel tout devait s’éclipser, même la Papauté.