‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 52 sur 377 · übi humilitas, ibi etsapientia. P.rov., xi · texte numérisé non relu

übi humilitas, ibi etsapientia. P.rov., xi

LA PUCELLE DEVANT L’ÉGLISE DE SON TEMPS

mains pour en suivre le récit dans ses historiens panégyristes, qui nous les donnent comme un des grands titres de gloire de la corporation.

Après avoir reconnu durant quatre ans le faux Benoît XIII, l’Uni versité suivie de quelques évêques, sans prendre conseil des diverses parties de l’obédience d’Avignon, proclame que la France n’en reconnaît plus aucune, et va, sans chef, se gouverner par elle-même. Impossible de mieux faire naître le chaos et l’anarchie. Les protestations pleuvent de la part des pays étrangers, de la part des docteurs les plus éminents, qui ont adhéré au Schisme. L’Université de Toulouse surtout, orthodoxe dans son égarement même, publie une lettre, ou plutôt un traité, où, sauf son erreur sur le sujet, elle soutient avec force la doctrine jusqu’alors admise dans l’Église, sur la nature du suprême pouvoir pontifical; elle déclare que l’Université de Paris et les prélats qui marchent avec elle sont dénués d’autorité pour déposer un Pape que jusqu’alors ils ont proclamé légitime ; elle montre les diocèses, les chapitres, et les familles divisés ; l’esprit de révolte gagnant la société entière, et les inférieurs se soustrayant à l’obéissance, dès qu’elle déplaît1. A des raisons si péremptoires qu’oppose l’Université de Paris? des sarcasmes, car telle est bien la réponse que fit Gerson dans un discours indigne de lui, où il s’oublie jusqu’à traiter de canine l’Université de Toulouse2. Un traitement plus injurieux devait être infligé au chef-d’œuvre de raison et de style des docteurs languedociens. Forts de leur crédit à la cour, les docteurs parisiens font assiéger dans son palais celui qu’ils ont durant quatre ans proclamé le vrai Pape, et dont il leur plaît de se séparer.

Immense scandale! Impossible de mieux condenser les ténèbres que ne le faisait ce vrai beau soleil de la chrétienté . Dans l’Église de Dieu, tout vient du Souverain Pontife, et depuis quatorze siècles, les peuples chrétiens étaient habitués à recevoir lumière et chaleur de ce vrai beau soleil , autour duquel Jésus-Christ a enroulé les rayons qu’il est venu darder sur le monde.

Ce fut la nuit ; et comme les voleurs dans la nuit, ceux qui convoitaient sans titre valable les bénéfices ecclésiastiques trouvèrent l’occasion propice.

Le rusé Aragonais venait d’échapper aux soldats qui l’assiégeaient dans sa demeure. Les Universités d’Orléans, d’Angers, de Montpellier, de Toulouse, Pierre d’Ailly, demandaient qu’on rétablit l’obédience. Les peuples eux-mêmes le sollicitaient3. Aux fêtes de Pâques 1403, dans les églises de Paris les cierges portaient le nom de Benoît XIII, et on

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