‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 51 sur 377 · Du Boulay, Hist . univer. Parisiensis, t. V, p · texte numérisé non relu

Du Boulay, Hist . univer. Parisiensis, t. V, p

C’est le rôle qu’elle a revendiqué durant le Grand Schisme, qu’elle se préparait à faire passer en coutume permanente à Bàle, alors qu’elle poursuivait la Pucelle avec tant d’acharnement. Un de ses historiens panégyristes a écrit : Le siècle du Schisme est l'époque de la plus brillante situation de notre université , jamais elle ne fut plus consultée (?), plus écoutée. Jamais elle n'eut tant de part à la décision des affaires de la plus haute importance *.

A cela près qu’elle imposait fort despotiquement ses conseils, sans attendre qu’on les demandât, l’assertion de Crevier est vraie. Mais quelle accusation contre le docte corps ! L’époque où il fut le plus écouté , où il prit le plus de part à la décision des affaires de la plus haute conséquence , est certainement l’époque la plus désastreuse de notre histoire, la plus ténébreuse et la plus funeste de l’histoire de l’Église ; ce n’est que par miracle que la France et l’Église n’y ont pas sombré pour toujours. L’arbre se reconnaît à ses fruits. Qu’on juge par là do la valeur de la turbulente conseillère, de la nature de l’influence exercée par elle dans la décision des affaires les plus importantes .

La superbe n’inspire pas mieux les corps que les individus ; à eux aussi s’adresse la parole des saints livres : là où est l'humilité , là se trouve la sagesse 2. Engagée à la suite de l’anti-pape d’Avignon, Robert de Genève, le faux Clément VII, elle mit une insurmontable opiniâtreté à ne pas avouer son erreur. En vain au dehors de la France, tous les pays non soumis à notre influence adhéraient au Pape de Rome, Urbain VI ; en vain dans le sein même de l’Université, sur les quatre nations qui la composaient, la nation de Picardie durant longtemps, la nation anglaise toujours, restèrent fidèles au Pontife Romain; en vain elle vit le pseudopontife jeter en pâture aux séculiers et à des clercs indignes les bénéfices et les dignités ecclésiastiques ; elle s’obstina à ne vouloir faire cesser la division que par une voie justement repoussée par les nations fidèles, et notamment par l’Université d’Oxfort, par la cession des deux contendants; la cession des deux côtés, qui en mettant sur la même ligne le Pontife légitime et l’intrus, couvrait la déviation du beau clair soleil de la chrétienté.

La mort emporte Robert de Genève (1394). L’Université de Paris, plutôt que de ne pas obtenir la cession d’Urbain VI, préfère se rallier à Pierre de Lune, le faux Benoît XIII. Ce que l’on aurait dû attendre de ces logiciens, c’eut été quelque suite dans leur conduite; c’eut été de ne pas s’infliger une série de démentis. Il n’en fut rien. Il y a moins d’incohérences dans l’histoire de Byzance ; et il faut prendre son cœur à deux

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