‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 69 sur 377 · Raynaldi Annales ecclesiastici , an · texte numérisé non relu

Raynaldi Annales ecclesiastici , an

LA PUCELLE DEVANT L’ÉGLISE DE SON TEMPS

aussi ébauché en latin une histoire de l’Université de Paris, que Ton peut consulter au même dépôt. L’on sait que les armes des Lancastres étaient deux roses. Voici le texte même de Richer :

« L'Université était devenue tout anglaise par la faction des ducs de Bourgogne, desquels les suppôts des ducs de Bourgogne s'étaient rendus tout esclaves ; de sorte que pour lors la Sorbonne faisant bâtir le corps de logis qui était sur la rue de Sorbonne , joignant au cloître de saint Benoit, y fit relever en bosse les armes d' Angleterre, savoir trois grandes roses qui avaient chacune en diamètre un pied et demi, et y ont demeuré jusques à cette présente année 1628, que ce logis a été entièrement démoli , pour satisfaire au dessein de M. le Cardinal de Richelieu, qui fait rebâtir tout à neuf le collège de Sorbonne l. » La façade extérieure proclamait le dévouement à la cause anglaise des docteurs insurgés contre Rome; il s’étalait à l’intérieur. Le même Richer nous apprend dans son histoire de l’Université que les deux roses étaient aussi sculptées dans l’escalier d’honneur de la Sorbonne. Ce dévouement était désintéressé; car, ajoute-t-il, je n’ai pu trouver nulle part que les Anglais aient contribué en rien à rebâtir la maison ou la bibliothèque2.

Le passage suivant du même auteur résume la part de l’Université dans les malheurs de cette époque.

« L'Université de Paris, dit-il, a rué la première pierre de scandale contre la Pucelle . Jean de Bourgogne , prince fort populaire et puissant, employa toute son industrie et moyens pour venir au gouvernement de l'État; et connaissant le crédit auquel était en ce temps l'Université de Paris, il acheta l'affection et faveur de ce corps lettré, et par ce moyen aussi celle de tout le peuple de Paris , voire (de) la plus grande partie du royaume de France. Certes nos histoires font foi que pour acquérir réputation et faveur parmi le peuple , il suffisait d être porté et assisté par l' Université 3. »

Terrible accusation! Nouvelle preuve que les ennemis des privilèges du siège de saint Pierre sont les ennemis de la France et de ses meilleures gloires. Richer s’étonnait de ce que l’histoire de le Pucelle était toujours enveloppée de ténèbres ; il s'ébahissait de ce que l’on eut pris si peu de soin d’en faire voir la vérité4.

Il semble oublier ce qu’il vient de nous dire de l’immense influence de l’Université. L’Université avait en sa main la censure des livres à imprimer. Elle n’eut pas laissé passer l’exposé détaillé des faits qui justifient lassertion que l’on vient de lire. N’est-ce pas la raison pour laquelle

1. Hist. de Jeanne d’Arc, fonds français, 10438, liv. II, fo 3,r°.

2. Fonds latin, 6 cahiers du n° 9943 à 9948, n° 9945, f° 149, v°.

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