Ibid., avertis, au lecteur, f° 4, v
Thistoire de Jeanne par Richer lui-même, une des meilleures, est encore inédite? On a songé dans notre siècle à la mettre au jour; mais les passions du libre-penseur qui en avait conçu le projet devaient aussi se faire jour dans l’édition préparée. Richer était théologien; il a étudié les mémoires qui sont ici traduits : il en a donné la substance dans une courte dissertation, où il établit la divinité des révélations de Jeanne. Le futur éditeur, qui m’est inconnu, a marqué ce passage d’un crochet au crayon, et écrit à la marge : à omettre . Ce serait retrancher les meilleures pages.
L’Université fut constante dans son dévouement à l’étranger ; elle le lui conserva jusqu’au jour où Paris redevint français, avril 1436. L’année précédente elle avait envoyé ses délégués au congrès d’Arras. Selon ses usages, elle les avait munis d’instructions écrites auxquelles ils devaient se conformer. Ces instructions finissent par cette recommandation : « Les députés termineront leur harangue par des remercîments à Sa Majesté (anglaise), pour sa grande bienveillance, sa paternelle affection envers la ville de Paris, et envers ses habitants ; amour constant que proclament tant de bienfaits accordés à cette cité. Sa Majesté a voulu ainsi reconnaître l’amour, la fidélité dont Paris a été et est toujours animé envers cette même majesté. Qu’ils n’oublient pas de recommander l’Université f. »
Ce n’est qu’en se rappelant ces dispositions de la célèbre corporation que l’on peut s’expliquer la part capitale prise par elle au martyre de la libératrice. Avant de mettre sous les yeux les faits et les pièces qui l’établissent, il faut faire connaître ceux sur la tête-desquels retombe principalement l’odieux du forfait, ceux qui très probablement entraînèrent des collègues habitués à les suivre. Quels furent et qu’étaient les principaux bourreaux de la Pucelle ?
i. Du Boülay, t. V, p. 429-430.