‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 76 sur 377 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

LA PüGELLE DEVANT L’ÉGLISE DE SON TEMPS.

Le prélat coupable de tant de méfaits contre son pays fut jeté par la mort aux pieds du tribunal de Dieu, pendant qu’il était entre les mains de son barbier, le 18 décembre 1442 *. La France a été faite par les évêques; elle périra le jour où des évêques tels que Cauchon seront assis sur ses sièges épiscopaux.

Une certaine libéralité qui éclate à propos, de la solennité dans les manières, font partie de la grande ambition. Cauchon n’en était pas, dit-on, dénué. Puissent de meilleurs motifs lui avoir inspiré les fondations assez nombreuses relatées dans son testament ! La foi, qui survivait au milieu des affreux désordres du temps, ne permettait pas à un chrétien qui le pouvait, encore moins à un évêque, de mourir sans faire la part des saintes œuvres. Puissent-elles lui avoir obtenu auprès de Dieu un pardon que l’histoire, à laquelle le fond des cœurs reste caché, ne lui accordera jamais ! Il sera question ailleurs de l’anathème que, d’après quelques historiens, Callixte III prononça contre les restes du meurtrier de la Pucelle.

Cauchon eut des complices qui le suivirent de cœur, et doivent partager la réprobation attachée à son nom. -

Celui que Cauchon employa de préférence, dit Quicherat, fut Thomas Courcelles, un des six docteurs venus de Paris à Rouen pour pressurer l’accusée par leurs interrogatoires.

Quicherat résume ainsi la part de Courcelles dans le procès : « Il assista à presque toutes les séances, donna son avis dans toutes les délibérations, travailla au réquisitoire, le lut, déposa contre Jeanne huit jours après sa mort, fut rétribué au taux de vingt sous tournois par jour, d’une somme de cent treize livres, qui représente ainsi cent treize jours de travail. — L’Inquisiteur (lisez le sous-inquisiteur) ne reçut pour sa coopération que vingt-cinq livres tournois; — entin il rédigea (en latin) l'instrument du procès. Il le rédigea et n’eut pas le courage dans cette rédaction de laisser son nom partout où il se trouve consigné sur la minute ; de sorte que, dès l’issue du procès, il regrettait d’y avoir tant travaillé, et l’on peut se demander si le sentiment qu’il en garda pour le reste de sa vie fut la honte d’avoir été dupe, ou le remords d’avoir capitulé par timidité, sur des points qui ne lui avaient jamais paru honnêtes*. »

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