Procès , t. V, p
4. D’après Richer, la Pucelle n’aurait pas été prise dans le diocèse de Beauvais, mais dans celui de Soissons.
LES PRINCIPAUX BOURREAUX DE LA PUCELLE
ce serait les raconter dans leur entier. Ce n'est pas l'objet de ce travail. Les mémoires pour la réhabilitation, qui en sont le fond, exposeront les prévarications du sacrilège prélat. Les précautions qu'il prit pour prévenir un retour de fortune et tromper la postérité indiquent suffisamment le cri réprobateur qu'il entendait retentir au fond de sa conscience.
Cependant Beauvais restait français, et un autre titulaire occupait le siège de Rouen. Cauchon ambitionna le siège de Bayeux; des lettres de l'Université le recommandèrent en cour de Rome1 ; un autre fut préféré; et Cauchon se contenta de Lisieux, où il fut transféré par des lettres apostoliques d'Eugène IV en date du 8 août 4432.
Il ne pouvait pas être conservateur des privilèges de l’Université ; il recommanda qu’on lui substituât l'évéque de Meaux, de Brion. L’Université reconnaissante déféra à ses désirs.
L'évéque de Lisieux continua à être un des conseillers préférés du gouvernement anglais : en 4434 il fait une courte apparition à Bâle dans un but politique plus que pour prendre part aux discussions théo logiques*. Il y fut momentanément excommunié pour n’avoir pas soldé le tribut exigé pour sa translation à Lisieux ; il satisfit3.
L’année suivante, il est, au congrès d’Arras, un des ambassadeurs du gouvernement anglais. Il y porte et y défend ces propositions inacceptables qui font rompre les négociations avec l’envahisseur4; les légats du Pape parviennent à opérer la réconciliation entre le roi de France et le duc de Bourgogne. Quelque dures que fussent les conditions, c’était un immense coup porté à l'étranger, et le jeune roi d’Angleterre en pleura.
Cauchon resta fidèle à l'étranger, alors que s’en détachait le puissant protecteur qu'il était censé n’avoir fait que suivre. L’année suivante (14 avril 4436), lorsque Richemond et Dunois entrent à Paris, et vérifiant la parole prophétique de Jeanne, font perdre à l’Anglais gage plus grand qu! Orléans , Cauchon est dans la ville, cherchant à conserver une domination qui a beaucoup trop duré, puisqu’elle a duré seize ans. Cauchon fut chassé de Paris, comme il l’avait été de Beauvais, sept ans auparavant5.
En 4439 Cauchon est à Calais, représentant l'Angleterre dans les conférences qui ont pour objet la paix entre la France et son ennemie, et le rachat du duc d’Orléans captif à Londres depuis Azincourt, c’est-à-dire depuis près de vingt-cinq ans. Elles n'aboutirent pas6.