‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 78 sur 377 · Voir Raynaldi an. 1463, n · texte numérisé non relu

Voir Raynaldi an. 1463, n

LA PUCELLE DEVANT L’ÉGLISE DE SON TEMPS

le principal artisan des décrets de Bâle : Thomas de Courcelles decretorum Basileensium præcipims fabricator x .

L’expression est on ne peut plus juste. Le dernier chapitre de ce second livre nous montrera dans Courcelles l’inspirateur des doctrines les plus subversives de Bâle, l’instigateur et le défenseur des attentats les plus criants contre Eugène IV, le soutien de l’ Anti-Pape, le faux Félix V.

Courcelles, n’ayant pas pu obtenir le plus, se rabattit sur le moins, et devint un des tenaces défenseurs de la Pragmatique Sanction de Bourges, ce fruit néfaste de Bâle. Il fut député par Charles VII au congrès de Mantoue (1459) ; du Boulay nous rapporte qu’il y défendit vivement la Pragmatique Sanction devant Pie II ; c’est probablement ce qu’a voulu dire Quicherat, quand il ose bien écrire qu'il eut l'art inconcevable de faire accepter à Rome les libertés gallicanes .

Voici comment Pie II acceptait cette œuvre désastreuse.

Après avoir qualifié la Pragmatique Sanction d 'œuvre inouïe et inconnue jusque là, le Pape continua : « Il n’est pas croyable que Charles actuellement régnant ait introduit de lui-même cette Pragmatique. Il a dû être trompé; sa piété a été induite en erreur. Comment un prince religieux aurait-il pu ordonner de garder des dispositions qui blessent la suprême autorité du Siège Apostolique, énervent la vigueur du Christianisme, portent un coup mortel à l’unité et à la liberté de l’Église? Le mot peut paraître dur, mais le fait l’est bien davantage Ce qui nous oppresse, c’est

de voir la ruine des âmes, c’est de voir s’obscurcir la gloire du très noble royaume de France.

« Comment supporter que les laïques soient les juges des prêtres? que les brebis appellent à leur tribunal les causes des pasteurs? est-ce ainsi que ces dernières sont une race royale et sacerdotale? Le respect nous empêche de dire à quel point l’autorité sacerdotale est diminuée. Ils le savent ceux qui selon le caprice de l’autorité séculière tantôt tirent, tantôt remettent au fourreau le glaive spirituel.

« Le Pontife Romain qui a la terre pour paroisse, dont l’Océan ne borne pas les provinces, n’aura en France que la juridiction qu’il plaira au parlement de lui reconnaître ! un sacrilège, un parricide, un hérétique, fût-il ecclésiastique, ne pourra être puni que du consentement du parlement! quelques-uns ne vont-ils pas jusqu’à lui reconnaître le pouvoir de fermer l’entrée à nos censures ! Ainsi le juge des juges, le Pontife Romain est soumis au jugement du parlement! Admettre pareille doctrine, c’est faire de l’Église une chose monstrueuse, une hydre à plusieurs tètes; c’est en détruire entièrement l’unité.

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