‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 119 sur 327 · PIERRE SALA · texte numérisé non relu

PIERRE SALA

Sommaire : l. — Le livre des Hardiesses des rois. — L'auteur. — La nature des secrets manifestés par la Pucelle n'a pu être dévoilée que fort tard. — Le passage de Sah publié par Labbe.

11. — Dieu, secours de nos rois dans leur détresse. — La Pucelle fut ce secours poui Charles VII réduit à un état désespéré. — Il n'y avait de succès que pour les enlr^ prises qu'elle inspirait, souvent contre l'avis des capitaines. — Ce qui détermla

i, Jeanne *Arc â Doinrémy, p. 297, note.

texte de Pierre Sala sur les secrets, un siècle avant Lenglet-Dufresnoy auquel Quicherat, très favorable àcetabbé peu ecclésiastique, fait honneur (le la première publication. Laissons parler Pierre Sala.

Cela est chose notoire que de tout temps Notre-Seigneur n'a jamais abandonné les bons rois dans leur grand besoin. N'avez-vous pas ouï, ci-devant, les beaux miracles qu'il fit pour le roi Clovis, qui fut le premier roi chrétien, et dans la suite pour le roi Dagobert, pour Charles le Grand, et pour plusieurs autres rois, et de fraîche mémoire pour celui gentil roi Charles VII, dont nous parlons.

Quand après qu'il fut mis si bas qu'il n'avait plus où se retirer, sinon à Bourses et en quelque château à Tenviron, Notre-Seigneur lui envoya une simple Pucelle, par le conseil de laquelle il fut remis en son entier, et demeura roi paisible.

Et pour ce que par aventure {peut-être) il serait malaisé à entendre à quelques gens que le roi ait ajouté foi aux paroles d'icelle, sachez qu'elle lui fit de par Dieu un message tel, qu'elle lui déclara un secret enclos dedans son cœur, si bien qu'il ne l'avait de sa vie révélé à aucune créature, sinon à Dieu en son oraison. Et pour cela, quand le roi ouït celte Pucelle lui dire à part ce qui ne pouvait être su par elle, sinon par inspiration divine, dès lors il mit toute sa conduite et ses espérances*, entre ses mains. Et encore que le roi eût même alors de bons et suffisants capitaines pour délibérer du fait de sa guerre, néanmoins co mmanda-t-il qu'on ne fît rien sans appeler la Pucelle. Il advenait quelquefois que son opinion était toute contraire à celte des capitaines ; mais quoiqu'il en fùt^ s'ils la croyaient, il leur en prenait toujours bien, et au contraire^ quand ils voulaient exécuter leur opinion sa?is elle, mal leur en venait^. Mais vous me pourriez demander comme j'ai su ce que je vous dis à présent, et je vais vous le conter.

. Il est vrai que environ Tan mil lliriIII" (1480), j'étais de la chambre du gentil roi Charles VIII% que Ton peut bien appeler Hardi, car il le montra bien à Fornouc, en revenant de la conquête de son royaume de Naples, quand accompagné seulement d'environ vu" [7000) Français, il défit Lx mille Lombards, dont les uns furent tués, et les autres s'enfui— rent. Ce gentil roi épousa Madame Anne, duchesse de Bretagne et en

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