‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 120 sur 327 · Ressources · texte numérisé non relu

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2. Le texle : Et aulaines fois advenoit que Voppinion (Telle estoit toute au contraire de^ cappitaines; mais quoy qu'il enfust, sHls la croyoient, tousjours en prenait bien, et le con — traire, quand ils voulaient exécuter leur oppinion sans elle, mal leur en venoit, (Ms. 10420) —

troupeaux aux champs, clic avait eu inspiration divine pour venir réconforter le bon roi. Elle n'y faillit pas. Elle se fit mener et conduire par ses propres parents jusque devant le roi ; et là elle fit son message d'après les signes ci-dessus, que le roi connut être vrais ^. Dès lors il se conseilla par elle; et bien lui en prit ; car elle le conduisit jusqu'à Reims, où, malgré tous ses ennemis, elle le fit couronner roi de France, et le rendit paisible possesseur de son royaume. Depuis, ainsi qu'il plaît à Dieu d'ordonner les événements, cette sainte Pucelle fut prise et martyrisée par les Anglais; ce dont le roi fut très dolent, mais il ne put y remédier.

En outre, ledit seigneur me conta que dix ans après fut amenée au roi une autre prétendue Pucelle qui ressemblait beaucoup à la première, et Ton voulait donner à entendre parle bruit que Ton en faisait courir que c'était la première qui était ressuscitée*. Le roi oyant cette nouvelle, commanda qu'elle fut amenée en sa présence. Or en ce temps le roi était blessé à un pied, et portait une botte faulve ; signe dont ceux qui menaient cette trahison avaient averti la fausse Pucelle, pour qu'elle ne faillit pas à le reconnaître entre ses gentilshommes. Or il advint qu'à rheure où le roi la manda venir devant lui, il était en un jardin sous une grande treille. Le roi commanda à Tun de ses gentilshommes que dès qu'il verrait entrer la Pucelle, il s'avançât pour l'accueillir, comme s'il était le roi, ce qu'il fit. Mais elle venue, connaissant au signe susdit qu'il n'était pas le roi, le refusa (sic), et vint droit au roi, ce dont il fut ébahi et ne sut que dire, sinon en la saluant bien doucement : « Pucelle m'amie, vous, soyez la très bien revenue, au nom de Dieu qui sait le secret qui est entre vous et moi. » Alors miraculeusement, après avoir ouï ce seul mot, cette fausse Pucelle se mit à genoux devant le roi, en lui criant merci; et sur-le-champ elle confessa toute la trahison; ce dont quelques-uns furent justiciés très âprement, comme en tel cas bien il appartenait.

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