‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 168 sur 327 · Assés prés, pourrait signifier aussi « de très près · texte numérisé non relu

Assés prés, pourrait signifier aussi « de très près

furent prompiement environnés et frappés par les Français, n'ayant pas eu le temps de s'abriter derrière leurs pieux aiguisés, ainsi qu'ils avaient coutume de le faire. Par suite, sans faire éprouver grand dommage aux Français, ils furent très promptement et facilement abattus, déconfits et entièrement vaincus. Il resta bien, morts sur place, environ dix-huit cents Anglais ; il y en eut de prisonniers de cent à six-vingts, parmi lesquels les principaux étaient les seigneurs de Scales, de Talbot, d'Hongerfort, Messire Thomas Rampston, et plusieurs autres des plus notables jusqu'au nombre susdit. De ceux qui y furent morts les principaux étaient... *. Les autres gens du dernier ou de moyen état étaient de ceux que les Anglais amènent de leur pays, et qui sont destinés à mourir en France ^.

Après cette affaire, qui eut lieu environ deux heures après midi, tous les capitaines français se réunirent, rendant dévotement et humblement grâces à Dieu, leur Créateur. Et ils se livrèrent ensemble aune grande joie pour leur victoire et pour une si bonne fortune. Ils se logèrent pour cette nuit en cette ville de Patay, située à deux lieues de Janville-en-Beauce, et cette journée porte à tout jamais le nom de Patay. Le lendemain, les Français repartirent avec leurs prisonniers et les riches dépouilles des Anglais morts sur le champ de bataille. C'est ainsi qu'ils rentrèrent à Orléans, tandis qu'une partie de leurs gens se logèrent aux environs^ au milieu des transports de joie de tout le peuple. Jeanne la Pucelle, spécialement, acquit en ces besognes si grande louange et si grande renommée qu'il semblait à toutes gens que les ennemis du roi n'eussent plus puissance de lui résister, et que, dans peu, le roi dût, par son moyen, être entièrement remis et rétabli en son royaume.

Elle alla avec les autres capitaines vers le roi qui se réjouit beaucoup de leur retour et fit à tous très honorable réception. Après quoi il décida, avec les gens de son conseil, de mander des pays de son obéissance le plus de gens de guerre qu'il pourrait afin de marcher en avant et de poursuivre ses ennemis.

Item. — A la journée de la bataille de Patay, avant que les Anglais sussent l'arrivée de leurs ennemis, messire Jean Fastolf, un des principaux capitaines, celui qui devait s'enfuir sans coup férir, se trouvant en conseil avec les autres fit plusieurs remontrances; à savoir comment tous savaient les pertes qu'ils avaient faites de leurs gens devant Orléans, à Jargeau et en d'autres lieux, où ils avaient eu du pire ; leurs gens étaient très ébahis et effrayés, et leurs ennemis au contraire très enorgueillis et très ranimés. C'est pourquoi son avis était qu'on se retirât dans les châteaux et les lieux qui, aux environs, tenaient leur parti, de ne point

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